Sanguine et ses lectures

20 janvier 2020

L'affaire Rose Keller

rose keller

J'aime bien les romans qui ont pour toile de fond une réalité historique. Je trouve même que je n'en lis pas assez. Du coup, lorsque je suis tombée sur le résumé de ce livre de Ludovic Miserole, je me suis laissée tenter. Je remercie chaleureusement les Éditions French Pulp pour m'avoir permis de découvrir cette histoire plutôt hors du commun via la plateforme Netgalley.

Rose Keller est au chômage depuis plus d’un mois. Elle est réduite, en ce dimanche de Pâques du 3 avril 1768, à mendier sur la Place des Victoires à Paris. En acceptant de suivre, pour un écu, un jeune homme soigneusement habillé qui a besoin de quelqu’un pour un peu de ménage dans sa maison d’Arcueil, elle ne peut se douter qu’elle se dirige tout droit vers l’enfer. Elle ne sait pas encore que l’homme qui vient de l’engager n’est autre que Donatien Alphonse François de Sade, celui qu’on surnommera "le divin marquis"…

Je me suis lancée un peu au hasard, je ne connais pas très bien la France sous le règne de Louis XV ni même le Marquis de Sade (à part ce qu'en connait le grand public). C'était donc l'occasion de découvrir un peu tout ça. On va suivre Rose Keller, qui suite à son veuvage est réduite à mendier son pain. Quand ce jeune homme si bien mis lui propose de venir nettoyer sa maison de campagne, elle entrevoit là une opportunité et elle le suit les yeux fermés. Et là, commence les tourments de Rose et avec eux, les tourments du lecteur.

Le bouquin est hyper bien documenté et je dois bien dire qu'on s'y croirait. On vit les épreuves avec Rose, on souffre avec elle et on implore Sade de cesser ces tourments avec elle. D'aucuns disent que le Marquis de Sade est hyper raffiné, franchement personnellement je l'ai trouvé plutôt goujat et monstrueux. Il se conduit très mal avec toutes les femmes, même avec sa propre épouse pour laquelle j'ai ressenti beaucoup de peine. Je n'ai pas compris comment elle parvient à rester soumise à cet homme et à continuer à l'aimer comme elle le fait. Ce type est presque répugnant.

On explore les moeurs et les usages de l'époque. Les personnages secondaires sont très bien travaillés, on découvre comment Rose doit encore et encore raconter son histoire. Comment on ne la croit pas, comment on la ferait presque passer pour une menteuse. En parallèle de l'histoire de Rose Keller, on suit les pas de Julie qui n'a qu'une seule obsession : se venger du Marquis. Le destin finira-t-il par faire rencontrer ces deux malheureuses victimes des perversions d'un homme riche ? Le livre vous le dira.

J'avais un peu peur que les us du Marquis de Sade soient trop détaillés, il n'en est heureusement rien. J'ai déjà eu du mal à lire quelques passages du livre (je dois être une chochotte) et je crois que je n'en aurai pas supporté beaucoup plus. Le plus intéressant dans tout ça reste l’enquête si on peut dire. Au-delà du récit de Rose, on se demande si elle va finir par être entendue et crue, on se demande aussi comment Donatien de Sade va réussir à se sortir de toute cette histoire. C'est presque haletant et on en redemanderait presque !

Un livre étonnant qui sent le stupre et la poudre des perruques de l'époque ...

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17 janvier 2020

La nuit de Kim Kardashian

la nuit de kim

Je dois bien avouer que j'ai commencé par coller un sourire ironique sur mes lèvres lorsque j'ai découvert le titre de ce livre. Je ne suis pas du tout adepte de la télé-réalité et Kim Kardashian et sa famille est à mille lieux de mes centres d’intérêt. Pourtant, après avoir jeté un oeil au résumé, ma curiosité a été malmenée et j'ai eu envie d'en apprendre plus ... Je remercie donc les Editions Grasset d'avoir mis ce livre à ma disposition via la plateforme Netgalley.

La nuit du 3 novembre 2016 le chef de la Police Judiciaire de Paris est réveillé: un braquage dans le 8ème arrondissement, un butin à neuf millions, une victime célèbre. "Kim Kardashian, qui est-ce ?" interroge le patron du 36. Il trouve la réponse sur Internet : américaine, milliardaire, brune et plantureuse, des millions de fans sur les réseaux sociaux… Il est 4h du matin, les suspects se sont enfuis les poches remplies d’or et de diamants. Kim Kardashian est restée ligotée dans sa baignoire. Le coup est réussi, l’enquête commence.

J'ai trouvé que ce livre de Pauline Delassus nous proposait un récit entre fiction et réalité. On oscille entre la vie et les pensées de Kim Kardashian (je pense que l'auteure s'est inspirée de tout ce qu'on peut voir et lire dans les médias et sur les réseaux). Je n'attendais pas grand chose de ma lecture et pourtant, j'ai avalé mon livre en deux petites soirées. Ca se lit extrêmement bien parce que Pauline Delassus a une plume très agréable à découvrir. J'ai beaucoup apprécié.

J'ai aimé le fait que le récit soit séparé : d'un côté, on apprend à connaitre Kim et les siens, leur mode de vie et leurs folies, de l'autre on côtoie le "cerveau" de l'opération consistant à lui voler ses bijoux et en particulier sa grosse bague en diamant. J'ai oublié le prénom de ce malfaiteur mais son histoire est toujours dans un coin de ma tête. L'auteure parvient à nous le rendre presque sympathique ...

Pire ! Elle a réussi à me rendre Kim Kardashian herself sympathique. J'ai appris beaucoup de choses à son propos, de son adolescence et de sa vie actuelle. Je ne savais pas par quoi elle était passée afin de se mettre sous les projecteurs. Sans être devenue fan de la dame, faut pas pousser non plus, j'ai eu une petite pointe de compassion pour elle lorsque l'agression est relatée. Je dois même avouer (et j'ai presque honte !) que je suis allée faire un tour sur son compte Instagram pour me faire une idée de son univers. C'est trop bling bling pour moi mais ça m'a permis de mieux situer tout ça.

Pas de la grande littérature mais un livre prenant qui nous permet de mieux connaitre toute cette histoire de vol ...

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13 janvier 2020

Les gardiennes du silence

Couverture Les gardiennes du silence

Je suis très friande d'histoires un peu étranges. J'avais eu un véritable coup de coeur pour Le nom de la rose et, pendant très longtemps, j'ai recherché ce même type d'ambiance et de mystère dans mes lectures. Aussi, lorsque j'ai lu le résumé de ce bouquin de Sophie Endelys j'ai eu un petit frisson. Je remercie les Editions Presses de la Cité de m'avoir permis de me glisser sur les pas de Chloé.

Chloé doit fuir Fécamp. Elle se réfugie sur Heldenskøn, petite île isolée entre la Manche et la mer du Nord. Ce n’est pas un hasard si la jeune femme a choisi cette destination sauvage et mystérieuse. Dans les archives familiales, elle a découvert un étrange manuscrit recouvert de plusieurs encres invisibles… Quel est le lien entre ce document et le monastère qu’elle aperçoit, perdu dans la lande ? Traquée et menacée, Chloé est-elle prête à aller au bout de la vérité ?

Je dois dire que je m'étais un peu monté la tête en ce qui concerne ce livre, j'avais des attentes assez hautes. Je n'aurai peut-être pas dû ... à trop en vouloir, on est forcément un peu déçu. Si j'ai globalement apprécié ma lecture, j'avoue que je me suis beaucoup ennuyée. Ça a mal commencé à dire vrai, les premiers chapitres concernant Chloé et son mari (dont j'ai déjà oublié le prénom) ne m'ont pas passionné. Je me suis même demandée à quoi ils allaient servir l'histoire.

Chloé est un personnage que je n'ai pas apprécié, pas compris. Je n'ai peut-être pas fait beaucoup d'efforts dans ce sens. Elle m'a laissé de marbre et même lorsqu'elle était en mauvaise posture, ça ne m'a fait ni chaud ni froid. Tout le côté contemporain du récit ne m'a pas du tout séduite et intéressée. Je ne parviens pas à savoir pour quelles raisons exactement, peut-être que ça manquait de crédibilité.

En revanche, la partie du récit qui se déroule au temps de Blanche, la créatrice de la bibliothèque souterraine, m'a emballé ! C'est très mystérieux, parfois même inquiétant. Mais malgré ce postulat de départ qui m'a alléchée, l'auteure est partie dans un délire qui m'a un peu agacé. C'était un peu trop pour moi : les mutilations, les manipulations etc etc ...

Heureusement, le bouquin est bien écrit. Sophie Endelys a une plume qui colle bien avec son sujet. Je n'ai, hélas, pas grand chose à dire de plus sur cet ouvrage et je suis désolée de livrer un billet aussi mitigé.

J'aurai tellement voulu adorer ce livre que je suis encore plus déçue ...

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12 janvier 2020

Vigile

vigile

J'ai acheté ce livre à sa parution, un peu sur un coup de tête, juste après avoir découvert le résumé. Je savais que je voulais le lire mais je n'ai pas réussi à le sortir de ma PAL rapidement. Sans doute allait-il me rappeller de trop douloureux souvenirs ... Aujourd'hui, c'est fait. J'ai réussi à me glisser dans ce récit et je dois dire qu'il m'aura beaucoup marqué.

Un bruit étrange, comme un vrombissement, réveille une jeune femme dans la nuit. Elle pense que son compagnon la taquine. Mais le silence revenu dans la chambre l’inquiète. Lorsqu’elle allume la lampe, elle découvre que l’homme qu’elle aime est en arrêt cardiaque.
Avec une intensité rare, Hyam Zaytoun confie son expérience d’une nuit traumatique et des quelques jours consécutifs où son compagnon, placé en coma artificiel, se retrouve dans l’antichambre de la mort.

C'est un récit court et fracassant que nous livre ici Hyam Zaytoun. On va pénétrer dans le quotidien de cette famille par le biais de l'urgence et de la maladie. L'auteure nous décrit une nuit pendant laquelle tout va basculer et qui va laisser en suspens tout l'avenir de ces quatre personnes. Une nuit, le compagnon de Hyam fait un AVC, elle parvient à effectuer les gestes de premier secours en attendant l'arrivée des pompiers et sans doute, elle lui a ainsi sauvé la vie. C'est extrêmement courageux de sa part, elle réussit à mettre de côté ses émotions pour se concentrer sur l'urgence.

Puis viennent ensuite les jours d'après, les longues heures passées à l'hôpital, les entretiens avec les médecins, le diagnostic qui tombe ... et peut-être le miracle. J'ai aimé la façon pudique dont Hyam Zaytoun nous raconte ces jours, ces heures pendant lesquels sa vie est mise entre parenthèses. C'est un très joli texte, un chant d'amour et de force, de courage. C'est difficile de critiquer un tel livre parce qu'on ne peut (et on ne veut) pas se mettre à la place des personnes qui ont vécu ce moment. On ne peut pas juger de leur comportement ou des mots qu'ils ont utilisé.

Reste la famille, le cercle d'amis qui vient faire bloc autour de la famille. C'est une lecçon de soutien, d'humilité, de courage. On est en totale empathie avec cette jeune femme mais ça n'est jamais larmoyant, elle n'a pas écrit ce texte pour qu'on pleure avec elle. C'est très pudique, les mots sont bien choisis, ils ont tous leur importance.

Un joli récit qui aura aussi une belle conclusion ...

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11 janvier 2020

Simone Veil, l'aube à Birkenau

aube birkenau

J'aime beaucoup Simone Veil et j'ai été très affectée par son décès. C'est une dame admirable avec une histoire incroyable. J'avais été très émue lorsque j'ai visité le Panthéon et j'aime beaucoup lire non seulement ses écrits mais aussi tout ce qui se rapporte à elle. J'ai reçu ce livre pour Noël et je l'ai lu presque dans la foulée. C'est donc ma première lecture de l'année 2020.

"La guerre avait fauché une génération. Nous étions effondrés. Mon oncle et ma tante avaient beau être médecins, ils ne possédaient plus rien. Leur clientèle avait disparu. Leur maison avait été pillée. Leurs économies avaient fondu. Le lendemain de mon arrivée à Paris, comme ils n’avaient ni argent ni vêtements à m’offrir, c’est une voisine qui m’a secourue avec une robe et des sous-vêtements. Il régnait dans la maison une atmosphère de désolation. Il n’y avait plus le moindre meuble. Les miroirs avaient été volés, à part ceux qui étaient scellés aux murs et que les pillards n’avaient pas pu emporter. Je faisais ma toilette matinale devant un miroir brisé par une balle. Mon image y apparaissait fissurée, fragmentée. J’y voyais un symbole. Nous n’avions rien à quoi nous raccrocher. Ma soeur Milou était gravement malade, mon oncle et ma tante avaient perdu le goût de vivre. Nous faisions semblant de vouloir continuer."

Difficile de rédiger une chronique concernant un livre comme celui-ci, on ne peut pas émettre de critiques sur le fond ni même sur le style de l'auteur puisqu'il s'agit ici majoritairement de la transcription des propos que David Teboul a échangé avec Simone Veil et quelqu'un de ses proches (Macelline entre autre, sa copine de déportation). Ce livre est entrecoupé de petits messages de David Teboul, ils sont écrits en rouge et j'ai trouvé ça un peu désagréable à lire, c'est une couleur qui m'a flingué les yeux.

J'ai appris encore quelques petites choses à propos de Simone Veil, certains épisodes qu'elle n'avait pas rapporté dans son autobiographie Une vie que j'ai dévoré il y a quelques années. J'ai adoré lire l'échange entre elle et Marcelline, encore elle. J'avais vu des images du reportage et là, j'ai enfin eu l'opportunité de découvrir l'intégralité de leur dialogue. Une immense force se dégage de ces femmes !

Le bouquin est très épais, de belle qualité. Il comporte de nombreuses photos qui nous permettent de mettre un visage sur les membres de la famille Jacob par exemple. C'est très émouvant de les découvrir ainsi, heureux et insouciants. Puis les années passent et on découvre Simone Veil adulte, comme on la connaissait avec son chignon et son visage volontaire.

Un bel ouvrage qui rend hommage à une grande Dame.

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09 janvier 2020

Ce que tu as fait de moi

ce que tu as fait de moi

J'ai une relation ambigüe avec Karine Giebel ... autant j'aime bien ce qu'elle écrit, autant je n'aime pas beaucoup la personne après une rencontre dans un salon du livre qui ne s'est pas très bien passée. Mais ça ne m'empêche pas de rester curieuse quant à ses romans parce qu'elle a souvent des idées un poil glauques et qui me plaisent bien. Un grand merci aux Editions Belfond pour m'avoir envoyé ce livre et j'en profite pour m'excuser pour avoir tardé à rendre mon billet (merci les Fêtes !)

Cette nuit, c’est le patron des Stups, le commandant Richard Ménainville, qui doit confesser son addiction et répondre de ses actes dans une salle d’interrogatoire. Que s’est-il réellement passé entre lui et son lieutenant Laëtitia Graminsky ? Comment un coup de foudre a-t-il pu déclencher une telle tragédie ? Interrogée au même moment dans la salle voisine, Laëtitia se livre. Elle dira tout de ce qu’elle a vécu avec cet homme. Leurs versions des faits seront-elles identiques ?

J'ai eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire que j'ai trouvé bien différente de celles auxquelles l'auteure nous a habitué. C'est moins enlevé, limite je me suis embêtée à certains moments ... j'ai trouvé que le récit trainait un peu en longueur, comme si Karine Giebel voulait meubler un peu, remplir des pages pour nous proposer un nouveau pavé. J'ai fini par me plaire dans ce livre et je pense que c'est dû au fait de l'alternance des points de vue et des récits. Un chapitre comporte le témoignage de Laëtitia, l'autre fait référence à celui de Richard. Ca rend la lecture plus agréable.

Le souci principal pour moi, ce sont les personnages. Je ne les ai pas du tout apprécié. Tout au long du récit, leurs comportements sont hyper ambigüs et je n'ai finalement pas compris quels sentiments les unissent. Un coup je t'aime, un coup je ne t'aime pas de la part de Laëtitia. Richard, lui, semble constant dans son amour pour la jeune femme mais je n'ai rien compris à la fixette qu'il fait sur elle. Et puis, c'est quand même bien malsain comme histoire. J'ai parfois eu l'impression que l'auteure voulait dénoncer le comportement des hommes qui abusent des femmes mais qu'en parallèle elle enfonce Laëtitia en lui faisant porter des jupes courtes et se pavaner sous le nez de son supérieur.

Bref, j'ai eu des sentiments assez ambigüs tout au long de ma lecture et quelque part, je crois que ça m'a un peu dérangé. Reste le style de l'auteure, ses phrases courtes et choc ... Je n'ai pas aimé la fin. Je l'ai trouvée un peu clichée, je m'attendais à autre chose et j'ai été un peu déçue de la tournure des événements. J'aurai aimé un truc un peu plus rock n'roll.

Pas mauvais mais sans doute, le Karine Giebel qui m'aura le moins convaincue jusqu'à présent ... dommage.

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08 janvier 2020

The Hundredth Queen

centieme reine

Je lis très peu de fantasy parce que j'ai du mal à apprécier les univers trop tarabiscotés. J'avais repéré ce titre en téléchargement libre sur Netgalley et j'avais hésité à me lancer, le résumé me plaisait tout de même pas mal. Et puis, les premiers avis sont tombés, ils étaient bons voire très bons alors je n'ai plus hésité. Un grand merci à AmazonCrossing et à Netgalley pour cette découverte.

Orpheline de dix-huit ans confiée à la communauté des sœurs dans l’antique empire Tarachand, Kalinda a une destinée toute tracée : une vie d’isolement et de prière. Sujette à des fièvres, elle ne peut envisager d’être servante, encore moins courtisane ou de trouver un époux. Mais contre toute attente la visite du rajah Tarek va changer son existence à jamais. Du jour au lendemain, elle sera choisie pour devenir la centième épouse du tyran et forcée à se battre pour sa place parmi les quatre-vingt-dix-neuf autres épouses et nombreuses courtisanes.

Je me suis lancée dans cette lecture un peu à tâtons, toujours cette appréhension d'un univers trop fourni ou trop difficile d'accès mais il n'en est rien. On découvre Tarachand, savant mélange entre l'Orient des Mille et une nuits et l'Inde qu'on connait aujourd'hui, et étrangement on s'y sent bien immédiatement. J'ai donc commencé par faire la connaissance de Kalinda, jeune fille un peu frêle qui a été malade pendant toute son enfance et qui doit à présent prendre un tonique pour éviter que de fortes fièvres viennent perturber sa vie quotidienne.

Kalinda, c'est un personnage que j'ai adoré ! Sous ces airs de jeune fille maladive se cache en fait quelqu'un de très fort qui sait ce qu'elle veut et qui sait aussi comment l'obtenir. J'ai été passionnée par son histoire singulière, elle suit un chemin pas banal et finit par trouver sa place au sein de très nombreuses épouses du rajah. Elle est appelée à devenir la centième épouse du rajah et elle permettra ainsi à une prophétie de s'accomplir. J'ai adoré cette idée et j'étais très curieuse de savoir ce qui allait se passer tout au fil des pages. Ce roman se dévore tout simplement parce qu'on ne peut pas lâcher Kalinda ! On se doute bien que des secrets sont enfouis au creux du royaume et j'ai été très surprise de celui concernant cette jeune femme, je ne m'y attendais pas (sauf pour une partie du secret, l'auteure distille pas mal d'indices).

Et puis, Kalinda, c'est aussi une passionnée. Malgré le destin qui l'attend, elle s'éprend d'un autre homme, jamais elle ne sera amoureuse du rajah qu'elle devra pourtant épouser. L'histoire d'amour qu'elle va vivre de façon cachée est très jolie, et surtout elle n'occupe pas la totalité du récit, c'est tant mieux ! Parce que la société imaginée par l'auteure est ultra riche, c'est une société brutale qui encourage les combats parfois à mort entre femmes pour gagner une place auprès du rajah. Certain(e)s hurleront qu'on est loin d'une société féministe, c'est le cas. Mais n'oublions pas que nous sommes là dans un roman de fantasy.

C'est un récit qui se dévore, c'est bien écrit sans fioritures. Pour des figures de style, il faudra aller voir ailleurs. Mais c'est rythmé et passionnant, Emily King sait tenir son lecteur en haleine. J'ai trouvé qu'il était difficile de lâcher le livre, il nous appelle sans cesse tant qu'on ne connait pas le dénouement de ce premier tome. Apparemment, c'est une série mais je ne sais pas si les autres tomes ont déjà été écrits ou si c'est encore en cours. Je vais me renseigner.

J'ai très envie de repartir dans les pas de Kalinda et j'espère vraiment que la suite sera traduite !

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07 janvier 2020

Le ruban rouge

ruban rouge

La déportation et l'occupation sont des périodes historiques qui me passionnent. Du coup, je lis à peu près tout ce qui me passe sous la main concernant ces moments d'Histoire. Que ce soit un roman, un témoignage ou un essai, tout y passe ! Je ne connaissais pas ce livre de Lucy Adlington, je l'ai trouvé par hasard à la médiathèque.

Nous quatre : Lily, Marta, Carla et moi.
Dans une autre vie, nous aurions pu être amies.
Mais nous sommes à Birchwood.
Ella, 14 ans, a toujours adoré la couture, une passion qu'elle tient de sa grand-mère. Et c'est donc tout naturellement qu'elle devient couturière. Cependant son atelier n'est pas un atelier ordinaire et ses clients ne sont des clients ordinaires : la jeune fille est prisonnière du camp de Birchwood ( Birkenau), où elle s'occupe de confectionner les vêtements des officiers. Dans ce quotidien infâme, c'est la couture qui permet à Ella et Lily, la repasseuse, de garder une lueur d'espoir.

Je suis un peu embêtée parce que ce livre est estampillé jeunesse, j'aurai plutôt tendance à dire qu'il s'adresse à des adolescents. Ce n'est pas ça qui m'ennuie vraiment, c'est plutôt le fait que tout le côté historique est effacé dans ce roman. C'est difficile de dater le récit par exemple, on sait que la guerre fait rage mais on a du mal à savoir si on est plus vers le début ou si le Débarquement se profile. Quelque part, ça m'a un peu dérangée. Mais ce n'est pas le pire, pour moi. Ce qui m'a beaucoup perturbée, c'est que l'auteure décide de renommer le camp dans lequel notre jeune héroïne se trouve. Je n'ai pas compris pour quelle raison ... pour que le "moment" semble moins douloureux ? pour que ce soit moins difficile à vivre ? pour montrer que la jeune Ella se voile la face ? Bref, pas compris et du coup, pas aimé cet aspect.

En revanche, j'ai bien aimé les personnages et en particulier celui de Lily qui m'a paru être un personnage lumineux et rayonnant. Je l'ai trouvée très touchante, elle a réussi à me conquérir avec son petit côté naïf, ces airs enfantins qui font qu'elle parvient sans doute à survivre dans cet enfer du camp. Ella, qui est le personnage principal, m'a moins plu. Je n'ai pas apprécié le fait qu'elle se la pète autant (oui, l'expression est laide) lorsqu'elle intégre l'atelier de couture. Ca me l'a rendue un peu antipathique en fait ...

La plume de l'auteure est sympa, assez simple et le bouquin se lit très rapidement. Le récit est linéaire, sans réelle surprise. Je ne peux pas dire qu'on s'ennuie mais on ne frissonne pas, on ne craint pas vraiment pour l'avenir des personnages alors qu'elles vivent tout de même dans un camp d'extermination. Le seul rebondissement pourrait concerner Lily (encore elle) mais je n'ai pas été convaincue par son destin. Je n'ai pas du tout aimé la fin que j'ai trouvé très tirée par les cheveux, trop improbable pour être crédible. J'aurai sans doute préféré un autre chemin pour nos jeunes filles.

Un roman agréable à lire mais qui est loin d'être le meilleur sur cette période ...

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06 janvier 2020

Les Aventures du Chevalier Le Lilas 1 : Le Cercle incarnat de Venise

le lilas

Je ne connaissais pas du tout ce petit bouquin, j'en ai entendu parler par un pote lecteur et je dois dire que j'ai eu envie de me glisser à mon tour sur les pas du Chevalier Le Lilas. J'ai donc demandé à Amandine Clemente si je pouvais découvrir son livre et hop ! Me voilà partie dans la Sérénissime ...! Un grand merci Amandine.

1646. Venise. La place San Marco est déserte. Le soleil n’est pas encore levé, une légère bruine recouvre le sol, le vent souffle timidement. La journée s’annonce grisâtre et sans couleur. Au loin, si vous plissez les yeux et que vous regardez bien, vous pourrez apercevoir une silhouette dans la rue Larga. Celle d’un homme assez grand et élancé, vêtu d’une cape pourpre, d’un chapeau noir orné d’un panache rouge, de bottes en cuir et d’une ceinture dorée. En l’observant encore mieux, vous remarquerez que cet homme est masqué. Son visage est à moitié caché par un loup, un demi-masque qui recouvre ses yeux, en satin incarnat. Il arbore également une épée à sa taille, une belle lame, fine et longue, dont la garde est d’or et le pommeau aussi rouge que le panache de son chapeau. Cet homme, il se nomme Le Lilas. Enfin, les habitants de Venise le connaissent surtout sous le titre de chevalier Le Lilas. Il est craint, admiré, désiré, il inspire curiosité et fascination, il fait partie de ces hommes qui font régner l’ordre et la loi à Venise, il est ce qu’on appelle : un libertin du cercle incarnat, le cercle des justiciers de la belle mais parfois trop cruelle Venise.

Forcément, je pense que vous commencez à savoir que je manque d'objectivité dès lors qu'on me parle de Venise. Dans ce premier volet des aventures du Chevalier Le Lilas, je n'ai pas été dépaysée et c'était très plaisant de connaitre déjà une partie des lieux visités par le Chevalier et ses compagnons. Comme souvent dans les livres qui se déroulent à Venise, la Cité est presque un personnage à part entière et j'adore ça !

J'ai bien aimé les personnages, même si tous ne sont pas traités de la même façon, on sent que l'auteure aime son personnage principal parce qu'elle le bichonne. Il est vraiment très bien travaillé, ses traits de caractère sont très détaillés. Les personnages plus secondaires le sont un peu moins mais restent très plaisants. L'ensemble est agréable à découvrir, même si j'avais découvert certaines identités. Il est assez difficile de faire durer les mystères parfois ...

Ce qui m'a le moins séduit dans ce récit, c'est le style de l'auteure. Je le trouve encore jeune (c'est normal), il mériterait d'être plus abouti. Certains passages m'ont moins plu que d'autres que j'ai littéralement dévoré. Je n'aime pas lorsque l'auteur s'adresse directement au lecteur, c'est sans doute ce qui m'a dérangé parfois. Après, ça reste une question de goût et je pense que d'autres personnes seront ravies. Le récit est, à mon sens, un peu inégal. On passe de moments assez palpitants à des moments plutôt calmes (trop pour moi), ça manque peut-être un peu d'équilibre mais c'est vraiment pour jouer les chipoteuses car globalement, j'ai beaucoup aimé cette lecture.

Et vous, envie de découvrir Venise à travers le masque des Chevaliers du Cercle ?

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27 décembre 2019

Dry

dry

J'adore les livres qui me plongent au coeur d'une catastrophe et découvrir comment les Hommes parviennent à s'en sortir (ou non). Je commençais à en avoir un peu assez des histoires de zombies et j'étais très curieuse de découvrir Dry parce que j'aime beaucoup ce que propose Neal Shusterman. J'avais très envie de savoir ce que pouvait donner sa plume lorsqu'elle est couplée à celle de son frère. J'ai eu la chance de mettre la main sur le livre en allant à la médiathèque alors hop, dans mon sac !

Avez-vous déjà eu vraiment soif ?
La sécheresse s'éternise en Californie et le quotidien de chacun s'est transformé en une longue liste d'interdictions : ne pas arroser la pelouse, ne pas remplir sa piscine, limiter les douches...
Jusqu'à ce que les robinets se tarissent pour de bon. La paisible banlieue où vivent Alyssa et sa famille vire alors à la zone de guerre.
Soif et désespoir font se dresser les voisins les uns contre les autres. Le jour où ses parents ne donnent plus signe de vie et où son existence et celle de son petit frère sont menacées, Alyssa va devoir faire de terribles choix pour survivre au moins un jour de plus.

J'avais lu un diptyque menant en scène un déluge de pluie assassine. Ici, ce sera le contraire : la sécheresse. Il y a un coup de canicule sur une partie de la Californie, rien de très original malheureusement pour cette partie des Etats-Unis. Mais là où ça se corse c'est qu'il n'y a plus une goutte d'eau qui sort des robinets ... Une horreur quand on y songe bien ! J'en reviens au parallèle avec les livres The rain de Virginia Bergin : qu'il tombe des pluies acides ou que l'eau soit coupée il se pose un même problème : comment étancher sa soif ?

J'ai bien aimé les personnages proposés dans ce récit même si ils sont un peu caricaturaux pour certains. Il n'est pas facile de s'identifier à eux ni même à ressentir de l'attachement. Mais au final, ça n'est pas trop grave et le lecteur prend quand même plaisir et intérêt à suivre leurs péripéties au fil des pages. Il y a un peu de suspens mais, comme je le reproche souvent à ce genre de livres, les adultes sont encore une fois quasiment absents et ce sont des ados (et même des enfants) qui s'en sortent super bien. C'est un détail mais mine de rien, c'est récurrent.

Le plus captivant dans ce récit, c'est tout de même de se demander comment on aurait réagi à la place d'Alyssa et son petit frère. Comment survivre lorsque l'eau n'est plus là ? J'ai trouvé que les évenements qui s'enchainent sont hyper réalistes et qu'il n'y a pas d'exagération ou de surenchère de la part des auteurs. C'est bien écrit, ça se dévore parce qu'on a envie de savoir comment nos héros vont s'en sortir.

Mais ce qui m'a le plus emballée dans tout ça, c'est la notion de survivalisme qui semble être de plus en plus répandue aux Etats-Unis, j'ai adoré visiter la maison de Kelton. Quand on imagine que certains vivent réellement ainsi, ça fait réfléchir. J'ai dévoré mon bouquin, c'est un vrai page turner même si ce ne sera pas un coup de coeur parce que ça reste de l'anticipation pour adolescents et l'histoire n'est pas assez poussée à mon goût.

Et vous ? Seriez vous capable d'affronter la soif ?

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