Sanguine et ses lectures

16 octobre 2019

La menteuse et la ville

menteuse et la ville

Cette couverture rose n'est-elle pas à croquer ? C'est elle qui m'a donné envie de découvrir ce qui se cachait derrière ce cornet de glace renversé. Le résumé m'a bien tenté alors je suis très contente d'avoir pu découvrir ce livre d'une auteure israëlienne que je ne connaissais absolument pas. Je présente mes excuses aux Editions Presses de la Cité pour avoir tellement traîné à rendre mon billet, je me suis mal organisé ces derniers temps et je n'arrive pas à publier régulièrement alors que les bouquins sont lus ...

Nymphea porte un nom de fleur mais sa vie est loin d’être rose. À dix-sept ans, elle traîne ses complexes, ses quelques kilos en trop et son acné juvénile et peine à trouver sa place dans la société. L’été où elle devient vendeuse chez un marchand de glaces, elle espère que la vie fera enfin d’elle la protagoniste d’une aventure. Mais rien ne se passe… Jusqu’au jour où Avishaï Milner, chanteur à midinettes sur le retour, franchit le seuil de l’échoppe. Pressé et méprisant, il agresse verbalement Nymphea. La jeune fille se réfugie dans l’arrière-cour, où le play-boy déchu la poursuit. L’homme la saisit par le bras, elle hurle : toute la ville est déjà là. En quelques secondes, Nymphéa a réécrit l’histoire. Et voilà qu’Avishaï se retrouve en garde à vue pour tentative de viol sur mineure. Quant à Nymphea, elle est propulsée au rang d’icône, la Cendrillon en croisade contre les violences masculines. Pendant ce temps, à l’autre bout de la grande métropole, une vieille dame se trouve, elle aussi, entraînée dans un mensonge dont elle n’a pas mesuré les retombées : Raymonde, vieille juive issue de l’immigration marocaine en Israël, prend l’identité de Rivka, sa meilleure amie, survivante des camps… Fidèle au thème qu’elle ne cesse de sonder livre après livre – le mensonge et la façon dont il referme ses griffes sur des individus dépourvus de mauvaises intentions ...

Il donne envie ce résumé non ? Il a vraiment attisé ma curiosité et je me suis jetée dans ma lecture. Je dois dire que mon enthousiasme a été un peu douché parce que, rapidement, j'ai trouvé que le récit trainait en longueur. J'ai parfois un peu peiné à avancer ... Il faut dire que j'ai eu un peu de mal avec Nymphea. Si elle a un prénom que je trouve très joli, j'ai eu du mal à la suivre. Elle n'a pas réussi à me plaire parce que je crois que je ne l'ai pas comprise. Elle a des réactions et des comportements qui me sont restés étrangers. Sans doute est-elle un peu trop tordue pour moi. Le postulat de départ m'a plu, j'ai pu comprendre sa réaction mais ensuite, son entêtement m'a été incompréhensible. Je n'ai pas non plus aimé Leo, sorte de maître chanteur adolescent qui cherche à se faire apprécier de ses copains de lycée. Je suis passée à côté de ces deux personnages.

En revanche, j'ai beaucoup apprécié Raymonde. Même si elle tarde à débarquer dans l'histoire, elle m'a bien éclaté. Et sa confrontation avec Nymphea est sans doute le moment le plus jubilatoire du récit. Deux menteuses qui se confrontent, c'est un régal. Car ce livre nous explique en fait que mentir a toujours des conséquences ... Ayelet Gundar-Goshen a un oeil très acerbe sur le sujet, elle n'hésite pas à mettre ses personnages à rude épreuve, je me suis demandé parfois comment elles allaient se sortir de certaines situations.

C'est bien écrit, ça se lit facilement. A part les quelques longueurs qui m'ont un peu gêné, j'ai quand même lu mon livre assez rapidement. Sans doute que j'aurai pu aller encore plus vite mais l'ouvrage ne m'a pas tenu suffisamment en haleine pour ça. J'ai, en revanche, beaucoup aimé découvrir une histoire se déroulant dans un pays et un univers que je ne connais pas du tout.

Une découverte sympathique mais qui ne m'a pas plus transporté que ça ...

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15 octobre 2019

Dysfonctionnelle

dysfonctionnelle

J'ai découvert la plume d'Axl Cendres avec Coeur battant qu'elle avait proposé de m'envoyer. J'avais beaucoup aimé ma lecture et j'ai eu envie de me lancer à la découverte de ses autres écrits. J'ai trouvé Dysfonctionnelle à la médiathèque et je m'en suis emparée. Entre temps, j'ai appris avec beaucoup de tristesse le décès prématuré de cette auteure si agréable à lire ...

Fidèle, jeune adolescente, grandit, entourée de ses six frères et soeurs, dans une famille dysfonctionnelle : son père enchaîne les allers-retours en prison, sa mère est à l'asile. Dotée d'une "intelligence précoce", elle s'intègre à un lycée des beaux quartiers où les élèves la regardent comme un alien. Mais c'est là que l'attend l'amour, le vrai, celui qui transforme, celui qui sauve ...

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, je suis un peu partagée concernant cette lecture. Commençons par la plume d'Axl qui est toujours très plaisante à lire, ça coule bien, le récit est fluide et très facile à lire. Les chapitres sont courts, ça donne du rythme au texte et on tourne les pages rapidement. En plus, ce n'est pas un livre très épais, il est donc relativement vite lu. Me concernant, en quelques heures c'était plié !

Ce qui m'a un peu dérangé dans cette lecture, ce sont les situations trop tirées par les cheveux. Je n'ai pas toujours réussi à croire ce que je lisais. Nous sommes en présence d'une famille dysfonctionnelle, je ne connais pas du tout cette situation et ça m'a paru bien farfelu. Je n'ai pas trouvé de réelle cohérence au récit, j'ai eu l'impression de passer d'une tranche de vie à une autre et ça m'a un peu laissée perplexe par moment. 

Les personnages sont très nombreux, je me suis un peu perdue au début. Finalement, au fur et à mesure de mon avancée, j'ai réussi à mettre tout le monde au bon endroit. C'est une famille vraiment atypique mais certains membres de cette fratrie sont attachants. Fifi semble trimballer un lourd secret qui est matérialisé par une cicatrice mais le lecteur n'aura jamais la clé du mystère. Mention spéciale pour le Bout du monde qui est le bar de la famille et qui semble être à la fois chaleureux et complétement atypique, un endroit que j'aurai aimé visiter "en vrai".

Une lecture que j'ai apprécié mais qui ne restera pas éternellement dans ma mémoire ...

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14 octobre 2019

Toute la lumière que nous ne pouvons voir

la lumiere que nous ne pouvons

J'avais ce livre dans le viseur depuis très longtemps. J'ai mis un peu de temps avant de le dénicher dans les rayons de ma médiathèque, je me suis emparée de cette jolie brique (il fait plus de 600 pages quand même dans sa version grand format) et j'y ai plongé avec délice.

Marie-Laure Leblanc vit avec son père près du Museum d'histoire naturelle de Paris où il travaille. A six ans, la petite fille devient aveugle, et son père crée alors pour elle une maquette reconstituant fidèlement leur quartier pour l'aider à s'orienter et à se déplacer. Six ans plus tard, l'Occupation nazie les pousse à trouver refuge à Saint-Malo chez l'oncle du père de Marie-Laure, un excentrique profondément marqué par son expérience de la Première Guerre mondiale, qui vit reclus dans sa maison en bord de mer. Pour éviter que les Allemands ne s'en emparent, le Museum a confié à Leblanc un joyau rare, la copie d'un diamant ayant appartenu à la famille royale de France, sans savoir qu'il s'agit en réalité de l'original. Loin de là, en Allemagne, Werner grandit dans un pensionnat pour enfants de mineurs décédés. Curieux et intelligent, l'orphelin se passionne pour la science et la mécanique et apprend rapidement à réparer les machines qui lui tombent sous la main. Un talent rare repéré par les Jeunesses hitlériennes où il se trouve enrôlé ...

Je crois que ces derniers temps, je suis tombée dans une période où j'ai lu pas mal de choses se rapportant à la Seconde Guerre. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai de temps en temps des "lectures à thème". Vous aussi ? Bref, toujours est-il que dans cette histoire, j'ai fait la connaissance de Marie-Laure et Werner. Une jeune Française handicapée (elle est aveugle) et un jeune Allemand qui se retrouve embarqué dans les Jeunesses hitlériennes, l'élite de l'époque. Si ces deux personnages m'ont happé, je dois dire que j'attendais avec impatience le moment où leurs destins allaient se croiser. J'ai été un peu déçue parce que ça ne dure pas assez longtemps mais ça, c'est parce que j'ai envie de faire ma pénible.

Parce que le livre est presque parfait. Les chapitres sont courts et donnent un sacré rythme au récit ! Je me suis régalé ! En plus, Anthony Doerr a une plume délicieuse. Franchement, j'ai très envie de découvrir ses autres romans parce que c'était vraiment chouette à lire. Et puis les personnages sont ultra attachants. Commençons par Marie-Laure et son père qui doivent fuir Paris lorsque la capitale devient trop peu sûre. Leur exode m'a passionné, on les suit au jour le jour. La petite fille a conquis mon coeur, non pas parce qu'elle est aveugle, mais parce que c'est une battante et une enfant très curieuse de ce qui l'entoure. Ca faisait un petit moment que je n'avais pas autant aimé un personnage de roman.

Et puis, nous suivons également le destin de Werner, jeune prodige allemand de la technologie qui se spécialise dans les radiotélécommunications. Même si j'avais moins envie de lui faire des câlins (parce que Marie-Laure donne tellement envie d'être chouchoutée), j'ai été impressionnée par ce jeune homme hors du commun. Son destin fait froid dans le dos et je vous laisserai le découvrir.

Ce bouquin est un tourbillon d'émotions, un régal à découvrir !

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13 octobre 2019

Là où l'on n'a pas pied

pas pied

Lorsque j'ai vu cette couverture, je dois dire que je n'ai pas été très emballée. Pourtant, j'ai tout de même eu la curiosité de lire le résumé du livre et là, j'ai eu très envie de découvrir cette histoire qui semblait bien singulière. Forcément, ça se passe en Italie alors je ne pouvais pas résister ! Un grand merci aux Editions JC Lattès pour avoir mis un exemplaire à ma disposition ... j'en profite pour m'excuser d'avoir mis aussi longtemps à rendre mon billet mais je suis très mal organisée depuis mon retour de Berlin et le temps me file entre les doigts ...

Fabio a six ans, deux parents et une dizaine de grands-pères, des hommes impétueux et dangereusement excentriques. Seul enfant de la famille, il grandit sans camarades de jeux. Jusqu’à son premier jour d’école…
Mais le plus inquiétant, c’est la terrible malédiction qui plane sur les Mancini : tous les hommes encore céliba­taires à quarante ans deviennent fous ; ce dont témoigne sa collection de grands-pères.
De l’école primaire au collège, Fabio s’efforce de trouver un équilibre entre son monde intérieur, aussi riche et vaste que son imagination, et le monde extérieur, bridé par d’innombrables règles, dominé par la loi du plus fort.

Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre, j'ai mis longtemps à rendre cette chronique parce que je ne sais pas exactement si j'ai aimé ou non ce livre. Ca partait super bien, j'ai dévoré les premiers chapitres. J'ai adoré découvrir cette famille italienne des années 80 qui sort de la banalité ambiante, ces oncles complétement déjantés et ce petit garçon qui tente de trouver sa place. Ce petit bout d'homme plutôt naïf qui aspire à une vie tranquille qui ressemble à celles de ses camarades de classe.

Je suis tombée sous le charme de la "non relation" du petit Fabio avec son père. C'est une partie du livre qui m'a beaucoup touchée et pas mal remuée. Après l'accident dont le père est victime, j'ai trouvé que le comportement du garçon était exemplaire et ça m'a beaucoup émue. C'est vraiment le point fort du livre. Fabio est un gamin très attachant. Ce côté ode à la vie, ne jamais arrêter de se battre et rester optimiste en toutes circonstances m'a vraiment beaucoup plu

Mais si j'ai eu du mal à apprécier ma lecture, c'est surtout parce qu'il contient un nombre incalculable de moments complétement étranges et bien trop tirés par les cheveux pour me convaincre. Ce qui m'a beaucoup ennuyé, c'est que je n'ai presque jamais cru à l'histoire que Fabio Genovesi m'a raconté. Bien trop souvent, j'ai levé les yeux au ciel en signe de "pfff mais n'importe quoi". Je suis vraiment désolée d'avoir eu ce ressenti alors que j'avais très envie d'aimer ce récit.

Une lecture en demie teinte ... à découvrir pour les plus curieux et les dingues de littérature italienne.

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12 octobre 2019

Lautrec

lautrec

Je ne connais pas très bien Toulouse-Lautrec mais ma maman en est très friande. Du coup, j'ai toujours entendu parler de ce peintre et nous avions même une reproduction de son affiche pour le Moulin Rouge à la maison. Je remercie Babelio et surtout les Editions Flammarion pour m'avoir envoyé ce livre dans le cadre d'une Masse Critique.

Lautrec, c'est la légende de Montmartre, le peintre du Moulin-Rouge, du Mirliton, celui qui immortalise Bruant, la Goulue, Jane Avril. Mais c'est aussi un petit homme foutraque, issu d'une famille de la haute noblesse de province, atteint d'une maladie génétique qui fragilise ses os et interrompt sa croissance. Fasciné par les cabarets, les bals, les bistrots, les théâtres et les prostituées, il peindra des hommes et des femmes toute sa vie, négligeant le paysage et la nature morte. Alcoolique, rongé par la syphilis, il meurt à trente-six ans en laissant une œuvre foisonnante et inclassable. En mettant en scène l'obsession de Henri de Toulouse-Lautrec pour la peinture, celle qui montre les êtres humains dans ce qu'ils ont de plus brut et de plus vivant.

J'étais hyper impatiente de découvrir ce que l'auteur avait à m'apprendre à propos de Lautrec, le peintre, et de son processus de création. J'étais curieuse de découvrir comment et où le peintre trouvait son inspiration, quelles pouvaient être ses techniques etc ... Ce livre ne m'aura apporté aucunes des réponses que j'attendais et j'en suis très déçue.

Je n'ai pas apprécié la façon dont Matthieu Mégevand s'y prend pour nous parler du peintre. On sait qu'il était difforme et qu'il devait sans doute en souffrir mais là, j'ai eu l'impression qu'il n'était question que du handicap du peintre, tout le temps et à toutes les pages (j'allais dire à chaque phrase !...). L'auteur ne fait aucun effort pour rendre Lautrec sympathique, il en brosse un portrait dans lequel le lecteur retiendra le handicap, la goujaterie ... je suis très déçue. Je ne mets pas en cause que Lautrec se comportait peut-être mal en société, qu'il baffrait comme un animal plutôt que manger correctement et qu'il ne pensait qu'à mettre des femmes dans son lit ... je ne sais pas, je ne le connais pas assez et ce n'est certainement pas grâce à ce livre que j'en aurai appris plus.

Heureusement, certains passages rehaussent un peu la valeur du récit. J'ai particulièrement aimé les moments de complicité entre Lautrec et Vincent Van Gogh, je les ai trouvé touchants et enrichissants pour mieux comprendre ces deux grands peintres. C'est ce genre de littérature que j'aurai aimé trouvé tout au long du livre ... Résultat, ma lecture m'a parue bien laborieuse. Je n'avais pas envie de reprendre mon livre après l'avoir posé parce que je savais que j'allais encore me retrouver face à un Lautrec qui dégoûte presque.

Une lecture très en-dessous de ce que j'en attendais ... un flop pour ma part.

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11 octobre 2019

Mensonge

mensonges

J'ai hésité lorsque j'ai lu le résumé de ce livre, et puis les premiers avis sont tombés et ils étaient bons. Alors comme j'aime les thrillers et que je suis un mouton en matière de livres (comprenez par là qu'il ne faut pas longtemps pour me tenter), j'ai décidé de tenter ma chance auprès de la maison d'édition. Je remercie donc les Editions Mazarine, via la plateforme Netgalley, de m'avoir permis de découvrir l'histoire de Claire et de Baudelaire ...

Claire, étudiante anglaise en art dramatique, finance ses études d’une manière peu conventionnelle : elle flirte, pour le compte d’un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces, avec des hommes mariés suspectés d’infidélité. Lorsque la femme de l’un d’entre eux est retrouvée morte, tout change … La police exige de Claire qu’elle utilise ses talents d’actrice pour faire avouer le mari. Dès le début, elle n’est cependant pas sûre du rôle qu’elle doit jouer dans cette mise en scène mensongère, mais elle ne veut pas non plus que les enquêteurs la questionnent sur la nuit du meurtre. Bientôt, Claire se rend compte qu’elle est en train de jouer le rôle le plus mortel de sa vie …

Je n'avais encore jamais lu cet auteur et j'avais très envie de le découvrir. Je dois dire que la qualité de sa plume a été à la hauteur de mes attentes, c'est fluide, pas compliqué à lire et plutôt addictif. En plus, sous prétexte que l'héroïne est comédienne, l'auteur s'est amusé à présenter certains dialogues sous forme de dialogue de théâtre (ou de script peut-être aussi). J'ai trouvé ça super bien vu de sa part parce que non seulement c'est hyper simple à lire mais ça donne aussi pas de mal de rythme au récit.

Parce que au fond, cette histoire n'a pas grand chose d'original. Un petit air de déjà vu, même si (et heureusement j'ai envie de dire !) la fin est plutôt inattendue. On se retrouve au coeur d'une enquête pour meurtre dans laquelle notre comédienne va se retrouver puisque le soir du meurtre, elle a tenté de prendre le mari dans ses filets. Le rôle de Claire dans cette affaire est hyper ambigu tout au long du livre et je crois que c'est la raison pour laquelle il tient le lecteur autant en haleine. On a quand même envie de savoir jusqu'à quel point elle est impliquée dans ce meurtre.

Le côté parano du personnage m'a un peu gonflé je dois dire parce que je n'ai pas toujours bien compris ses réactions et ses décisions. Le mari, dont j'ai oublié le nom, ne m'a pas non plus convaincu parce que l'auteur a décidé d'en faire un personnage bien trop ténébreux et étrange pour moi. Trop de mystère finit par me lasser. C'est un spécialiste de Baudelaire et je dois dire que la lecture de Mensonge m'a donné envie de me replonger dans Les fleurs du mal ...

Un thriller assez classique mais qui fait parfaitement bien son travail !

 

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09 octobre 2019

Vox

vox

Quand un livre fait trop parler de lui à sa parution, je deviens méfiante à son égard. J'ai peur que la folie ambiante n'influence mon avis et je préfère rester impartiale alors j'attends que le soufflé retombe. C'est ce qui s'est passé avec ce livre de Christina Dalcher, il a fait sensation quand il est sorti. Tout le monde en parlait en des termes hyper élogieux alors je m'en suis détournée. Maintenant que tout s'est calmé autour de ce livre, je l'ai emprunté à la médiathèque.

Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix …

Pour une fois qu'on est en présence d'une dystopie en un seul tome, il est important de le souligner. C'est la preuve que lorsqu'on veut, on peut raconter une histoire bien foutue sans s'étaler sur de nombreux tomes. Alors oui, c'est bien fichu mais j'ai trouvé que ça s'essoufflait un peu quand même. On débute cette histoire, qui se déroule aux Etats-Unis, alors que le pays a connu une sorte de révolution (un peu dans le goût de La servante écarlate quand on y pense bien) et que les femmes sont réduites au silence.

C'est quand même toujours sur les femmes que les auteurs tapent ! J'aimerai bien un jour pouvoir lire une histoire dans laquelle ce sont les hommes qui trinquent un peu (ça doit sans doute exister déjà mais je ne les connais pas). Bref ... Jean, notre héroïne, porte donc un compte-mots à son poignet. Elle n'a le droit de prononcer qu'une centaine de mots par jour. Si elle dépasse ce quota, elle reçoit une décharge électrique ... charmant ! C'est d'autant plus dommage qu'elle ne puisse plus parler que c'est une scientifique brillante et renommée. Un jour, un évenement va changer le cours de son existence devenue bien terne.

Ce livre frappera sans doute plus les lectrices que les lecteurs car il est impossible de ne pas se mettre à la place de Jean et de sa petite fille. J'ai aimé la première partie du livre dans laquelle on découvre la nouvelle société et la ribambelle d'horreurs qui l'accompagne. C'est super bien pensé de la part de l'auteure, ça fait presque froid dans le dos. La seconde partie, plus scientifique, m'a moins emballée parce que j'ai eu la sensation de tourner en rond. C'est assez répétitif. Mention un peu bof pour la fin qui est bien trop bisounours au regard du contenu du roman.

C'est une critique de la société moderne puisque le groupe qui a pris le contrôle des Etats-Unis la nie en bloc en instaurant de nouvelles règles de vie et de gouvernement. J'y ai vu aussi une sorte d'hommage aux femmes puisque, même si elles subissent des trucs pas chouettes au fil des pages, elles sont mises en valeur tout du long car l'auteure s'applique à montrer leurs qualités. C'est bien écrit, ça se lit relativement vite mais je ne peux pas m'empêcher de ressentir une pointe de déception à cause de tous les avis extrêmement bons que j'avais vu passer lors de sa parution.

Une lecture qui amène à réflechir sur la position de la femme au sein des sociétés ...

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06 octobre 2019

Le bal des folles

bal des folles

Lorsque j'ai entendu parler de ce bouquin à l'occasion de la Rentrée Littéraire, j'ai tout de suite eu envie de découvrir cette histoire qui me semblait bien singulière. La couverture m'a un peu calmé, je ne la trouve pas du tout jolie. Heureusement, pour une fois je n'ai pas fait ma fille futile et je suis passée au-delà de la mocheté de la couverture (navrée Albin Michel) et je me suis glissée avec délice dans le service du Docteur Charcot à la Salpêtrière ...

Chaque année, à la mi-carême, se tient un très étrange Bal des Folles. Le temps d’une soirée, le Tout-Paris s’encanaille sur des airs de valse et de polka en compagnie de femmes déguisées en colombines, gitanes, zouaves et autres mousquetaires. Réparti sur deux salles – d’un côté les idiotes et les épileptiques ; de l’autre les hystériques, les folles et les maniaques – ce bal est en réalité l’une des dernières expérimentations de Charcot, désireux de faire des malades de la Salpêtrière des femmes comme les autres. Parmi elles, Eugénie, Louise et Geneviève, dont Victoria Mas retrace le parcours heurté, dans ce premier roman qui met à nu la condition féminine au XIXe siècle.

J'ai ldéjà lu quelques trucs concernant les maladies mentales, je ne sais pas pourquoi mais c'est un sujet qui me fascine (enfin, fasciner n'est peut-être pas le terme exact mais je ne sais pas comment l'expliquer autrement) mais je dois dire que je n'avais jamais entendu parler de ce bal étrange de la mi-carême se déroulant dans les murs de l'hôpital. Depuis j'ai fait quelques recherches et je dois dire que j'ai été encore une fois presque "choquée" par ce que j'ai découvert. Mais c'est une autre histoire ...

Nous sommes ici en présence du premier roman de Victoria Mas ... quel roman !! Cette jeune romancière a tapé fort ! J'ai littéralement dévoré ce livre. Il faut dire qu'il n'est pas très épais mais au-delà de ça, c'est tellement bien écrit qu'on ne peut pas s'arrêter. Victoria a une plume vraiment agréable, fluide et passionnante. J'ai été charmée dès les premières pages.

Nous faisons la connaissance d'une étrange galerie de femmes, comment leurs destins vont-ils se croiser ou même se lier je vous laisserai le découvrir. J'ai eu un peu de mal avec le personnage de Geneviève que je trouvais un peu trop rigide, peut-être pas assez ouverte et en empathie avec les femmes dont elle s'occupe au quotidien. J'ai bien aimé Eugénie et son destin m'a glacé le sang ... Mais celle qui aura gagné mon coeur c'est la petite Louise. Je l'ai adoré, elle m'a tellement touché. C'est un personnage pour qui il est difficile de ne rien ressentir. C'est une jeune fille qui a été abîmée par la vie et j'ai tremblé pour elle à chaque page.

Ce livre nous ouvre les yeux sur la condition féminine du XIXème, condition déplorable s'il en est. J'ai été éffarée d'apprendre qu'autant de familles fortnuées plaçait des jeunes filles en institut pour se débarasser d'elles. C'est complétement écoeurant. Victoria Mas nous propose également une petite histoire de la médecine, en particulier de la spécialité psychiatrique. Bien entendu, ça reste une histoire tout à fait superficielle et très vulgarisée mais c'était passionnant. Je n'arrive pas à définir si j'ai été emballée par Charcot parce qu'il aidait les femmes à revenir à leur vie d'avant l'hospitalisation ou si je l'ai détesté parce qu'il m'a donné l'impression de livrer ces femmes en pâture (à travers le bal oui mais aussi parce qu'il donnait des cours publics pendant lesquels des jeunes malades étaient mises sous hypnose pour simuler une crise d'hystérie).

Un livre qui saura ous emporter, certaines histoires vont vous révolter ... à découvrir d'urgence !

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05 octobre 2019

Richard Oppenheimer 1 : Germania

germania

Cet été, je suis allée à Berlin et lorsqu'il a fallu choisir la lecture qui allait m'accompagner à l'aéroport et pendant le vol, mon choix s'est naturellement porté sur ce bouquin de Harald Gilbers. Je pense que ça ne pouvait pas être plus indiqué. Alors oui, ça me fait une saga de plus en cours et ce n'était peut-être pas un choix judicieux mais ce n'est pas grave puisque chaque tome propose une histoire complète. Je peux donc lire à mon rythme les aventure de Richard Oppenheimer, un flic pas tout à fait comme les autres.

Berlin, été 1944. De jeunes femmes sont retrouvées mortes, nues et mutilées, devant des monuments aux morts de la Première Guerre mondiale. Contre toute attente, le SS-Hauptsturmführer Vogler fait appel à Richard Oppenheimer, l'ancien enquêteur star. Pourtant Oppenheimer est juif et donc officiellement interdit d'exercer ... Tiraillé entre son quotidien misérable dans une "maison juive" et le confort que lui offre son nouveau statut, Oppenheimer est de plus en plus inquiet. Tous les indices pointent vers un assassin appartenant à l'élite nazie, si Oppenheimer échoue, son destin est scellé. Mais n'est-il pas encore plus dangereux de démasquer le coupable ? Pendant les derniers jours du Reich, les tensions sont à leur comble ...

Bien que ce livre soit classé dans la catégorie des policiers, j'aurai tendance à le mettre aussi dans la catégorie des romans historiques. Notre récit se déroule à Berlin vers la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Le délire d'Hitler de faire de Berlin la captirale du Reich sous le nom de Germania bat son plein puisque le lecteur est plongé dans cette atmosphère dès la première page où il rencontre Albert Speer en train de contempler la maquette de Germania. J'ai adoré ce côté historique très fouillé, on a vraiment l'impression d'être sur place. L'auteur nous propose de nombreux détails, c'est vraiment génial ! Du coup, je pense que si vous n'êtes attiré que par le coté policier du livre, il est préférable de passer votre chemin car vous pourriez trouver le temps un peu long en compagnie d'Oppenheimer et Vogler.

Cerise sur le Strudel (oui, j'ose), comme j'étais à Berlin pendant que je dévorais mon livre, je me suis payé le luxe de me rendre sur certains lieux décrits dans le roman. Mais franchement, quoi de mieux que de pouvoir faire ça pendant une lecture. C'est juste génial car ça permet de visualiser encore mieux ce qui se passe dans le récit. Mention spéciale à l'hôtel Adlon qui est vraiment très beau !

Et puis, la plume de l'auteur est très agréable. C'est un texte qui se dévore, je n'ai pas vu les pages défiler tellement j'ai été hâpée par ce que je lisais. L'enquete est rondement menée, je n'avais pas découvert l'identité du tueur avant qu'elle ne soit dévoilée. Je me suis bien laissée trimballer ! Les personnages sont bien travaillés, j'ai beaucoup aimé Richard Oppenheimer lui même. Il est tout en nuance, il est plein d'humour et j'ai adoré le suivre dans ses aventures. On tremble plusieurs fois pour lui et on se demande bien où tout ça va le mener. Curieusement, j'ai également beaucoup aimé le Hauptstrurmführer Vogler parce que, bien qu'il soit un officier nazi, il a une vision assez réaliste des événements, il apporte même un oeil critique sur les agissements du Reich et de son armée.

Une réussite qui oscille entre polar pur et roman historique, je suis curieuse de lire le tome suivant !

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04 octobre 2019

Mon père

mon père

Ce livre a fait beaucoup parler de lui lors de sa parution mais, compte tenu de son sujet difficile et qui peut rapidement déraper, je n'ai pas eu envie de le découvrir tout de suite. Je souhaitais attendre que les premiers avis tombent et que le remous autour de lui se calme. Lorsqu'on entend trop parler d'un livre, j'ai tendance à mettre la barre très haut et je me retrouve déçue la plupart du temps. Je ne voulais pas que ça arrive avec ce livre, alors j'ai attendu.

Mon Père c’est, d’une certaine manière, l’éternelle histoire du père et du fils et donc du bien et du mal. Souvenons-nous d’Abraham.
Je voulais depuis longtemps écrire le mal qu’on fait à un enfant, qui oblige le père à s’interroger sur sa propre éducation. Ainsi, lorsque Édouard découvre celui qui a violenté son fils et le retrouve, a-t-il le droit de franchir les frontières de cette justice qui fait peu de cas des enfants fracassés ? Et quand on sait que le violenteur est un prêtre et que nous sommes dans la tourmente de ces effroyables affaires, dans le silence coupable de l’Église, peut-on continuer de se taire ? Pardonner à un coupable peut-il réparer sa victime ?

Je suis assez partagée sur cette lecture, pourtant je n'ai pas au aucune influence puisque plus personne n'en parle aujourd'hui. Mais je crois que j'ai eu un souci avec le style de l'auteur bien plus qu'avec le fond de l'histoire. Parce qu'il est difficile de ne pas être hâpée par l'histoire de ce jeune garçon (dont j'ai mangé le prénom, j'aurai dû faire ma chronique dans la foulée mais j'étais en vacances en Allemagne), parce que le désir de vengeance du papa de ce garçon est totalement compréhensible ... Mais alors je n'ai pas aimé la façon dont Grégoire Delacourt aborde le sujet.

Le parallèle avec le sacrifice d'Abraham qui apparait à toutes les pages (même dans le résumé !) a fini par me sortir par les yeux ! Pas la peine d'insister, on comprend. Je ne pense pas que les lecteurs soient des abrutis finis et ça ne sert à rien de marteler la même idée à tout bout de champ. Peut-être que c'était pour qu'on comprenne bien que le livre va aussi nous parler un peu de religion et des religieux à qui certains confient leurs enfants pour le catéchisme ou pour des colonies de vacances. Personnellement, ça m'a vite gonflé cette histoire d'Abraham et j'ai levé les yeux au ciel à tout bout de champ. Le style de l'auteur est aussi assez pompeux, les phrases sont parfois compliquées.

Autant, j'ai adoré l'histoire qui m'a bien fait froid dans le dos, autant je l'ai trouvée pénible à lire et ce, non pas à cause des horreurs subies par le jeune garçon (enfin si un peu aussi quand même) mais plutôt à cause du choix stylistique de Grégoire Delacourt. Heureusement que le bouquin n'est pas plus épais parce que je pense que j'aurai pu complétement passer à côté. En plus des références bibliques en masse, il parvient à rendre le père du garçon antipathique. Je n'ai rien éprouvé pour lui, même si j'étais révoltée au fond de moi. Bizarre ...

Reste que la fin du livre m'a surpris et ça c'est une bonne chose parce que je suis sortie du récit sur une bonne impression. Je reste tout de même assez mitigée quant à ce roman, il propose une réflexion importante mais il est assez désagréable à lire. Je ne saurai pas le conseiller, peut-être qu'il faut plus de culture religieuse que je n'en ai pour apprécier ...

Une lecture en demie-teinte malgré le sujet fort proposé par l'auteur.

Posté par Miss Purple à 19:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]