etranger

Je lis trop peu de classiques et je le déplore. En effet, c'est tout de même très agréable de plonger son nez dans un livre bien écrit, bien rythmé, bien construit. J'en ai lu beaucoup pendant ma scolarité et ensuite mes études et depuis ... presque rien. Il faut dire qu'un classique ça peut parfois faire peur et pourtant, c'est un plaisir à déguster. Oh bien entendu, je ne pense pas que je lancerai à nouveau dans le théâtre classique (quoi qu'une bonne tragédie grecque ...) et sans doute pas non plus dans du Balzac depuis qu'il m'a traumatisé avec la description de la lampe verte de son "Eugénie Grandet".

"Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français ..."

Cette fois, je me suis lancée à corps perdu le 31 décembre dans un classique d'Albert Camus, je l'ai lu dans la journée. J'ai terminé les dernières lignes en me préparant pour aller réveilloner. C'était ma troisième lecture de ce livre. Je l'avais découvert en classe de seconde et il ne m'avait pas laissé un souvenir formidable. Je l'avais ensuite relu lorsque j'avais compris que le morceau "Killing an Arab" de Cure avait été inspiré par cette oeuvre majeure de la littérature française et j'avais beaucoup aimé. Cette dernière lecture m'a encore plu davantage.

Nous découvrons donc le personnage de Meursault qui vit à Alger et dont la mère est morte 'aujourd'hui ou peut-être hier". Il est totalement désoeuvré, l'archétype de l'anti-héros. Moi, Meursault, je ne parviens pas vraiment à le cerner ou même à l'apprécier. C'est le genre de mec dont je ne me souviendrai pas si je venais à le croiser un jour. Il est transparent.

Et puis vient le moment où tout s'emballe, celui où notre héros qui n'en est pas un tire sur un Arabe sur une plage gorgée de soleil. S'en suit un procès et une condamnation. Et c'est là que tout le talent d'Albert Camus entre en scène car cette deuxième partie du livre est une pure merveille. L'ultime chapitre est énorme et nous amène à nous poser des questions sur la justice, la peine de mort qui était encore en vigueur à l'époque où le livre a été écrit.

C'est une lecture dont on ne sort pas indemne et qui donne envie de découvrir le reste de l'oeuvre de Camus.

Lu dans le cadre du Challenge Lire un classique ensemble.

classique ensemble