chérie

Comme la plupart des Français, l'attentat qui a été perpetré contre la rédaction de Charlie Hebdo l'année dernière est resté marqué au fer rouge dans ma mémoire. J'ai bien entendu lu des tas d'articles de journaux, je me suis tenue au courant de tout (ou presque) ce qui avait attrait à ce monstrueux assassinat. Lorsque j'ai vu que Maryse Wolinski allait publier un bouquin à ce propos, j'ai eu très envie de le lire. Je me le suis procuré le jour de sa sortie et je l'ai lu dans la foulée (et ma chronique est très en retard, oui je sais).

"Chérie, je vais à Charlie" : tels sont les derniers mots de Georges Wolinski à sa femme, Maryse. Trois heures plus tard, un attentat fera dix morts. Parmi eux, Georges, frappé par quatre balles de Kalachnikov. Nuits sans sommeil, désert de journées sans fin parce que sans lui, sans son regard qui donne confiance, sans sa lumière. Après la sidération, le déni et l'enfermement, la colère : comment une scène de guerre a-t-elle pu avoir lieu dans les locaux d'un journal satyrique, en France, aujourd'hui ? Puisant sa force dans le chagrin, Maryse Wolinski a choisi d'être"celle qui va".

Ce billet sera court je le sais avant même de l'avoir redigé car comment juger le comportement et les réactions d'une femme meurtrie dont le mari part travailler le matin et ne rentrera pas le soir ? Mais je tenais à lire ce témoignage, ne serait-ce que pour rendre hommage aux Charlie morts ce jour là sous les balles des frères meurtriers.

Maryse Wolinski nous brosse donc le portrait de son mari, le dessinateur bien connu et grivois, et elle nous plante le décor de leur vie commune. On comprend que cette vie est paisible, agréable au possible et que leur couple est lié avec du ciment. Puis tout bascule ... Maryse perd son époux mais elle ne le sait pas immédiatement. Elle nous raconte ensuite le chagrin, le mal être et le besoin de se reconstruire peu à peu.

Ce qui m'a frappé dans ce court livre (137 pages), c'est la gestion de l'évenement par nos politiques. Je pensais qu'ils avaient géré tout ça au carré, parfaitement et sans bavure. Mais il s'avère que ce n'est pas le cas. Bien au contraire ! Je trouve inadmissible que personne ne prenne le temps de prévenir les familles des victimes que leur proche est mort ... Certes, ça a sans doute été une belle pagaille, il a fallu venir en aide aux rescapés et sans doute que l'urgence n'était pas de prévenir les familles mais quand même, je pense que ça aurait dû être fait pendant un moment de répit. C'est sans doute le point qui m'a le plus marqué, ce manque de communication.

Je n'en dirai pas plus, c'était prévu. Je vous laisse le soin de découvrir cet essai en forme de témoignage. Un témoignage d'amour de Maryse à Georges. Les mots sont beaux et forts. Un joli moment d'amour.

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