le bonheur

Lire du Agnès Ledig ne m'avait jusque là jamais traversé l'esprit. Je n'étais absolument pas tentée par ses romans qui me semblaient sombrer tous dans un pathos infini. Ca ne me donnait pas du tout envie ! Et puis ma copine Magada (toujours la même, la dealeuse de livres) m'a refilé son exemplaire poche de "Juste avant le bonheur" en me le conseillant très vivement. Alors, comme il n'est pas très épais, je l'ai coincé entre deux lectures plus conséquentes. Après tout, seuls les imbéciles ne changent pas d'avis !

Julie, 20 ans, qui élève seule son fils Lulu est caissière dans un supermarché. Elle attire l'attention d'un client, quinquagénaire aisé à nouveau célibataire. Généreux et désintéressé, Paul invite Julie à passer quelques jours dans sa belle villa de bord de mer en Bretagne. Ils y retrouvent Jérôme, le fils de Paul, qui se remet mal du suicide de sa jeune femme. Gaieté et optimisme reviennent grâce à l'attachante présence du petit Lulu. Mais au retour, un nouveau drame survient.

J'ai volontairement procédé à une coupure dans le résumé du livre car je trouve qu'il en raconte bien trop. Je me suis lancée dans ma lecture sans avoir lu la quatrième de couverture et je suis contente ! Car je trouve que j'aurai été spoilée sur certains détails que j'ai de loin préféré découvrir toute seule. J'ai lu ce roman très rapidement, non seulement parce qu'il est assez court mais aussi parce qu'il est vraiment très bien écrit. Agnès Ledig a une plume très jolie et très agréable à lire. Mais une belle écriture ne fait hélas pas tout ...

Si je n'ai pas detesté ma lecture, je suis bien loin du coup de coeur que de nombreuses personnes ont eu. J'ai eu des ennuis avec ce livre car je l'ai trouvé un brin surréaliste. Je n'ai pas réussi à croire à toute l'histoire que l'auteure veut nous raconter. On est rapidement en empathie avec Julie qui porte tout le malheur du monde sur ses épaules. On comprend vite que la vie ne lui a pas fait de cadeaux mais j'ai eu la sensation qu'elle ne faisait pas non plus grand chose pour y rémédier à part geindre et se morfondre. Ne me tapez pas dessus, ce n'est que mon ressenti.

Je n'ai pas non plus réussi à croire à cette rencontre avec Paul, comment un homme peut-il décider d'embarquer une jeune femme totalement inconnue en vacances alors qu'il ne l'a vu qu'une minute à une caisse de supermarché ? Rien que ça, je n'ai plus réussi à croire à l'histoire car ça me parait tellement irréaliste ! J'ai aussi eu du mal avec le côté "vieux riche adorable" et "fille pauvre paumée", c'est assez caricatural.

Le drame qui survient est tout à fait horrible mais c'est tout le traitement hospitalier qui m'a un peu agacée. Je ne connais pas non plus ce milieu comme ma poche mais j'ai eu la sensation que l'hôpital décrit par l'auteure est bien loin de celui de la réalité. Je ne pense pas que le personnel soignant puisse consacrer autant de temps à un patient, je ne crois pas qu'un kiné s'implique à ce point là ... je n'ai pas cru à ce que je lisais encore une fois.

C'est tout ce manque de crédibilité qui m'aura un peu gâché ma lecture, et aussi un peu la fin qu'on voit arriver gros comme une maison. J'avais deviné comment tout celà allait se conclure. La fin est donc conforme à ce que j'en attendais, je ne suis aucunement déçue sur ce point là. Je peux comprendre que ce roman soit plebiscité, qu'il puisse tirer des larmes à ces lecteurs mais il n'aura pas eu le même impact sur moi. Cependant, je lirai d'autres livres d'Agnès Ledig pour voir si elle utilise des ficelles identiques et parce que j'ai bien aimé sa plume.

Un roman qui manque de crédibilité à mon goût mais qui a su malgré tout trouver son public ...

Lu dans le cadre du Challenge des 100 romans ...

(97/100)

100romans

Lu dans le cadre du Challenge de l'Ete 2016 ...

(17/30)

Challenge_Ete_2016-250x233