ginette

J'ai repéré ce livre lorsque j'ai vu un reportage au journal télévisé de France 2, il y avait une petite et rapide interwiew de Ginette Kolinka et je dois dire que c'est d'abord son nom de famille qui a attiré mon oreille. Et puis, après l'avoir vu aussi pleine de vie à son âge, j'ai eu très envie de découvrir son histoire. C'est chose faite grâce à la plateforme Netgalley et aux Editions Kero que je remercie bien fort pour cette découverte que j'ai beaucoup aimé.

Dans l’entrée se tiennent des civils qui parlent français, des messieurs avec des chapeaux, vêtus d’un manteau de cuir : la Gestapo est chez nous. Ils sont trois autour de mon père, de mon petit frère Gilbert et de mon neveu Jojo qui étaient sur le point de partir à l’école. Je me souviens leur avoir demandé : “Qu’est ce qui se passe ?” Ils répondent : “Vous êtes juifs !”
Ginette Kolinka a 19 ans quand elle est déportée avec son père, son frère et son neveu à Auschwitz II-Birkenau. Ginette, devenue matricule 78599, y restera plus d’un an. C’est la seule de sa famille qui reviendra de l’enfer des camps.
À son retour, elle se mure dans le silence. Même à son fils Richard Kolinka, batteur du groupe Téléphone, elle ne dira pas ce qu’elle a enduré. Mais un voyage en famille à Auschwitz va l’aider à raconter l’horreur. Aujourd’hui, à 91 ans, elle témoigne.

Pour moi, Philippe Dana c'était le présentateur de "Ca cartoone" que je regardais le dimanche soir lorsque j'étais petite fille. J'ai donc découvert sa plume, là avec l'histoire de Ginette et de sa famille, et je l'ai vraiment beaucoup apprécié (je ne sais pas si il a écrit d'autres choses, il faut que je me renseigne).

Alors, je ne vais pas tourner autour du pot, j'ai beaucoup aimé ma lecture. Je me suis retrouvée catapultée dans le Paris d'avant guerre, au temps de l'insouciance et de la légèreté puis dans les années sombres qui ont suivi et j'ai tremblé avec (et pour) Ginette et sa famille. J'ai aimé que l'auteur place l'histoire de la famille de Ginette dans la grande Histoire de notre pays, comme un point de détail ou un focus. J'ai également aimé les parallèles qu'il ose faire entre les passages les plus sombres de cette période et ce que nous vivons actuellement. C'est très fort pour l'esprit et ça m'a beaucoup marqué.

Le récit est hyper vivant, les mots de Philippe Dana sont entrecoupés de souvenirs de Ginette. Ginette, c'est la petite mamie que tout le monde rêve de devenir. A plus de 90 ans elle n'hésite pas à arpenter à pieds les rues parisiennes pour se rendre au concert de son fils (oui, car si on n'aviez pas percuté en lisant son nom de famille, elle est la maman du batteur de Téléphone, excusez du peu). C'est une petite dame tout en pudeur qui a vécu ce qui est tout de même le plus horrible pour moi, qui a survécu et qui a réussi à passer à autre chose (sans oublier ces heures sombres bien entendu). Ce doit être passionnant de l'écouter parler de son épreuve, j'aimerai beaucoup me rendre sur les lieux en sa compagnie et apprendre de la vie grâce à elle.

Mais, et oui il fallait bien apporter un bémol à cette réussite, ce qui m'a embêté et qui fera donc que le livre en sera pas un coup de coeur (alors qu'il était vraiment parti pour ça), c'est que la fin du livre se consacre beaucoup à Richard Kolinka, à son enfance et à la création de Téléphone. Alors c'est normal qu'on parle de lui puisque c'est le fils de Ginette et qu'il est héritier de cette histoire familiale, je ne dis pas le contraire. Mais je n'avais pas envie d'en lire plus à son propos et là, c'est trop long. Ca fait un peu opportuniste avec la formation des Insus et tout ça. Bref, je trouve ça dommage et ça ne faisait absolument pas partie de mes attentes.

Reste un magnifique témoignage, sans doute un des plus vivants que j'ai lu sur le sujet, une belle revanche sur la vie que je vous invite à découvrir ...

Lu dans le cadre du Challenge des 100 romans ...

(142/100)

100romans