fils parfait

Il y a des auteurs qui me bluffent directement avec leur premier roman. Des auteurs qu'on a envie de suivre parce qu'on est tellement sous le charme de cette première découverte qu'on se demande si ils pourront taper encore plus fort. Mathieu Ménégaux est de cette trempe là. Je sais qu'il aura toujours un écho en moi et je sais que je lirai toute sa bibliographie au fur et à mesure des parutions. Encore une fois, il m'a totalement retournée ...

Maxime a tout réussi : de brillantes études, une carrière fulgurante, il est un mari aimant et un père attentionné. Un fils parfait. Un homme au-dessus de tout soupçon. Si bien que, lorsque sa fille, Claire, dénonce ses agissements à sa mère, en la suppliant de la protéger, Daphné tarde à la croire. L’amour qu’elle porte à Maxime la conduit à refuser l’évidence pour préserver sa vie et son confort.
Pourtant les soupçons se confirment, le doute se dissipe et les faits vont pousser Daphné à réagir. Mais il est trop tard. Maxime, fort de cette façade d’homme irréprochable, a manipulé la police et la justice afin de les retourner contre la mère de ses enfants. Daphné livre sa version de l’histoire à sa belle-mère.

J'ai mis la quatrième de couverture juste au-dessus parce que j'en ai l'habitude mais je dois dire que je ne l'avais pas lue jusque là. Je refusais d'en savoir trop sur ce qui m'attendait dans "Ce fils parfait". Je tenais absolument à préserver le mystère du thème principal et je ne vous le dévoilerai pas non plus dans ce billet.

Tout comme j'avais pris un gros beignet derrière les oreilles à la lecture de "Je me suis tue", je voulais en prendre un autre avec ce deuxième roman. Mission accomplie !

Cette fois, c'est Daphné qui nous raconte son histoire à travers une longue lettre qu'elle adresse à sa belle-mère. Le lecteur assiste à la rencontre de la jeune femme avec Maxime, le fameux fils parfait. Tout semble aller très vite ensuite pour les amoureux : un mariage, un bel appartement et deux petites filles. La vie dans les beaux quartiers parisiens semble paisible, Daphné retrouve un emploi très interéssant ... et tout bascule dans l'horreur. Comme prévu, je n'en dirai pas plus.

L'auteur nous invite à prendre part à la descente aux enfers de Daphné, j'ai eu la sensation qu'elle n'allais pas parvenir à se relever de toutes les épreuves auxquelles elle se retrouve confrontée. C'est terrible, et ça l'est d'autant plus que Mathieu Ménéngaux s'est inspiré de faits réels. Donc, certaines personnes se retrouvent vraiment dans une situation aussi monstrueuse ! On se rend compte que le système judiciaire de notre pays ne tourne pas bien rond et on a envie de crier à l'injustice, on a envie de secouer les services de police et de justice en leur intimant d'ouvrir les yeux !

Le livre nous prend aux tripes, surtout en tant que femme. J'ai été chamboulée par cette lecture que je ne pouvais plus lâcher. Je souhaitais de toutes mes forces que Daphné s'en sorte et que justice soit faite. Il est impossible d'apprécier le personnage de Maxime qui concentre vraiment tout ce qui est détestable chez un être humain. Et je dois même avouer que je suis satisfaite du sort qui l'attend dans le livre ...

Mais ce récit c'est aussi un moyen de nous faire réfléchir. De nous questionner sur la parole de l'enfant aussi : doit-on croire les enfants à tout prix ou faut-il faire preuve de prudence ? C'est très perturbant et quasiment impossible de se mettre à la place de Daphné pour se demander ce qu'on aurait fait, nous, à sa place. Comment aurait-on réagi face à une telle atrocité ?

A lire en un seul souffle ... une lecture marquante et perturbante ...

Lu dans le cadre du Challenge des 100 romans ...

(68/100)

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