bacha posh

J'ai eu un véritable coup de coeur pour le premier livre de Nadia Hashimi que j'ai lu : "La perle et la coquille". Depuis, j'ai décrété que je lirai chacun de ses livres, au fur et à mesure qu'ils tomberont entre mes mains. Du coup, je n'ai pas résisté à l'envie de découvrir ce récit destiné aux plus jeunes. C'est donc le livre qui m'aura accompagné dans l'avion pour mon escapade madrilène. Je remercie avec enthousiasme Livraddict et surtout les Editions Castelmore de m'avoir donné l'opportunité de découvrir Obayda et sa vie de Bacha Posh ...

La famille d’Obayda aurait bien besoin d’un peu de chance : depuis l’accident de leur père, la vie dans la campagne afghane n’est pas facile pour la fillette de dix ans et ses soeurs. La tante d’Obayda a une idée pour leur porter bonheur : transformer la fillette en bacha posh, c’est-à-dire la faire passer pour un garçon. D’abord désemparée, Obayda – désormais appelée Obayd – devient amie avec Rahim, une autre bacha posh. En sa compagnie, elle va découvrir la liberté …

Je ne connaissais absolument pas la tradition des bacha posh avant de me lancer dans les livres de Nadia Hashimi. Il faut dire que je ne me suis jamais réellement beaucoup intéressée à l'Afghanistan même si les événements qui s'y déroulent me touchent. Cette tradition de transformer certaines petites filles en petits garçons m'a laissé un peu sans voix lorsque je l'ai découverte et finalement, j'ai compris les raisons des familles.

Nous faisons la connaissance de Obayda qui sera notre narratrice tout au long du récit. J'ai trouvé que c'était bien vu de dérouler l'histoire du point de vue de la jeune fille car cela va permettre aux lecteurs les plus jeunes de pouvoir s'identifier à elle bien plus facilement. Obayda devient Obayd afin de porter bonheur à sa famille qui ne compte que quatre filles et un papa handicapé. Nous découvrons donc le quotidien d'Obayd, de ce qu'il se passe à la maison jusqu'à la cour de l'école (quelle belle surprise de retrouver Rahima !!). L'auteure nous permet de mieux nous rendre compte des différences d'éducation et de liberté entre les filles et les garçons en Afghanistan.

Comme je viens de le dire, ce livre est très instructif au final car il nous permet d'avoir une vue sur la vie quotidienne en Afghanistan. On en apprend plus sur les intérieurs des maisons, sur la nourriture, sur l'école et l'éducation. Je suis effarée devant la différence entre fille et garçon dans ce pays. Il fait meilleur naître garçon !! D'ailleurs, notre narratrice en est bien consciente ... Je pense, et c'est bien ce qui se passe dans le livre, qu'il doit être bien difficile pour une bacha posh de redevenir une fille après avoir goûté à la liberté à laquelle les garçons ont droit. Et puis, il ne doit pas être évident de reconstruire une personnalité féminine lorsqu'on a passé des mois, voire des années, dans la peau d'un garçon ...

Et puis, il y a tout un côté tendre et émouvant que j'ai adoré dans le roman. J'ai beaucoup aimé la relation d'Obayda et de son père meurtri. Il y a beaucoup de non-dits pendant de nombreuses pages, les personnages sont très pudiques, et lorsque la parole se libère enfin ça donne lieu à de très jolis passages d'amour familial. C'est très touchant.

Mention spéciale aussi pour la couverture que je trouve très adaptée au contenu. Elle est colorée et elle tranpire la jeunesse, la gaité et la liberté ... tout en nous montrant une jeune fille en pantalon ...!

Un livre à mettre entre toutes les mains !

Lu dans le cadre du Challenge des 100 romans ...

(98/100)

100romans