tout dernier été

Je sais d'avance que cette chronique sera difficile à rédiger et qu'elle sera forcément courte. La fin de vie dans la dignité et le droit à mourir sont deux combats auxquels je suis sensible. Je ne suis heuresement pas concernée, ni même un membre de ma famille, mais je trouve injuste que quelqu'un de malade et dont on sait que l'état ne s'améliorera jamais ne puisse pas décider de s'en aller lorsqu'il juge le moment opportun ... Mais n'ouvrons pas un débat car ce genre de sujet déchaine souvent les passions ...

Parce qu’elle aime furieusement la vie et qu’elle est condamnée, Anne Bert a décidé de choisir et de ne pas subir jusqu’au bout les tortures que lui inflige la maladie de Charcot. C’est ce cheminement qu’elle nous raconte ici. Celui de devoir mourir hors-la-loi, et hors-les-murs, puisque la loi française ne l’autorise pas à abréger ses souffrances. Celui aussi de son dernier été. Il faut découvrir le goût des dernières fois et des renoncements, apprendre à penser la mort, dire au revoir à ceux qu’elle aime, en faisant le pari de la joie malgré le chagrin. Un récit poignant, une ode à la liberté et à la vie, permise seulement par sa détermination à dire non.

Je l'avoue, je ne connaissais pas particulièrement Anne Bert avant qu'elle ne décide de médiatiser sa fin de vie et sa décision de mourir de façon assistée en Belgique. Son histoire m'a beaucoup touchée et je savais que je lirai le livre qu'elle nous laisserait à titre posthume (il a été publié après son décès). Ce livre n'est pas très épais mais c'est bien suffisant pour que le lecteur soit touché en plein coeur.

Anne nous raconte rapidement l'annonce de sa maladie (maladie de Charcot ou sclérose latérale amyotrophique qui est neurodégénérative dont on ne guérit pas), son abattement et son acceptation. Elle va nous faire partager aussi son quotidien alors qu'elle se retrouve prisonnière de son corps qu'elle ne parvient plus à contrôler.

Certains passages m'ont remué, j'ai lu le livre en une seule journée comme si je déroulais en une fois le dernier été de cette dame. Elle m'a beaucoup touché lorsqu'elle aborde le sujet des dernières fois. Je suis admirative de son cran et de sa determination à mourir. Je suis bien incapable de me mettre à sa place mais je me dis qu'il faut être forte et solide pour prendre une telle décision. Je suis admirative.

Anne Bert a donc été euthanasiée en Belgique le 2 octobre 2017, elle a reçu une injection léthale dans un centre de soins palliatifs ainsi qu'elle l'avait souhaité. Elle restera toujours dans un petit coin de ma tête et de mon coeur qu'elle a meurtri dans ce témoignage.

Un témoignage certes difficile mais essentiel que je vous invite à découvrir ...

Lu dans le cadre du Challenge des 100 lectures ...

(116/100)

100romans