jeune fille

A part des mangas, je ne lis pas de littérature japonaise ni même asiatique en fait. Pourtant, lorsque j'étais en fac je dévorais des recueils de haïku mais maintenant, ça m'a passé. Mais quand j'ai découvert le résumé de la première nouvelle de ce livre (qui au final n'en comporte que deux), j'ai eu très envie de découvrir ce livre de Akira Yoshimura. Je l'ai acheté et je l'ai complétement oublié avant de le ressortir enfin deux ans plus tard (oui, j'ai un peu honte !)

Elle a seize ans. elle vient de mourir. Allongée sur un tatami, elle voit deux hommes arriver et, contre son corps encore chaud, donner une enveloppe à ses parents. Dans une grande voiture noire, les deux hommes déposent son cercueil. Les noeuds du bois la gênent un peu. A travers les parois, elle voit ses parents s'éloigner, sa ruelle sordide, les passants, le ciel, puis plus loin, l’arrivée à l'hôpital et l'entrée de son cercueil par la porte de derrière. Elle a seize ans. elle est morte, tout à fait morte. Mais elle entend, elle ressent, elle voit plus que jamais ce qui l'entoure. Et, lorsque son corps est placé sur une table de pierre, lorsque les blouses blanches s'approchent scalpel en main, elle comprend ...

Nous avons donc dans ce livre deux nouvelles ayant toutes les deux un rapport avec la mort. Je ne connais pas la culture japonaise et je ne sais pas quel est le ressenti des Japonais face à cet événement mais je me demande si ça ne les travaille pas un peu quand même.

Dans la première nouvelle qui donne son titre au recueil, nous faisons la connaissance d'une jeune fille dont j'ai oublié le prénom malheureusement. Comme je n'avais pas relu le résumé depuis deux ans, j'avais totalement zappé de quoi on allait me parler et il m'a fallu plusieurs pages avant de comprendre que cette jeune fille était morte. Mais elle ressent et entend absolument tout, bien plus que si elle était en vie ... Et l'auteur ne va rien nous épargner niveau glauque. On assiste à un charcutage en régle de la jeune fille sous couvert de recherche médicale (ou alors j'ai rien compris !). Certains passages m'ont mis mal à l'aise et j'ai parfois eu du mal à les lire alors qu'en général, je ne suis pas très chochotte.

J'ai trouvé cette nouvelle totalement originale, je n'avais jamais rien lu de tel. Malgré le côté sombre et malaisant de la chose, l'auteur parvient à utiliser des mots justes et il se dégage une certaine poésie du récit. Ce n'est jamais malsain car il n'y a pas de côté voyeuriste, j'ai eu la sensation que l'auteur avait fait beaucoup de recherche concernant les corps donnés à la science. Et j'ai détesté la mère de cette pauvre jeune fille ... La fin de la nouvelle m'a serré le coeur. Je pense que je vais la garder dans un coin de ma tête pendant quelques temps.

La seconde nouvelle s'intitule "Le sourire des pierres" et je l'ai moins apprécié. Déjà parce que l'écriture m'a parue bien moins fluide, un peu plus maladroite et lourdingue. Les personnages sont plus communs, on en rencontre beaucoup des comme ça dans les romans qui sont censés faire un peu frissonner. Et puis au final, l'histoire elle aussi n'a pas grand chose d'original. Je n'ai pas été surprise mais je l'ai tout de même lue avec beaucoup de plaisir et d'intêret.

Une belle et étrange découverte ... laissez vous tenter !

Lu dans le cadre des 100 romans ...

(141/100)

100romans