et vous avez eu beau temps

Lorsque j'ai découvert Philipp Delerm il y a de nombreuses années maintenant, j'ai eu un véritable coup de foudre pour cette plume toute en légéreté et poèsie. Depuis, j'aime beaucoup me plonger dans les livres de cet auteur lorsque j'ai un petit passage à vide, c'est pour moi une valeur sûre. Je sais que j'y trouverai toujours mon compte (même si cette fois, ma lecture m'a un peu moins plu que je ne l'aurai souhaité).

Est-on sûr de la bienveillance apparente qui entoure la traditionnelle question de fin d'été : " Et ... vous avez eu beau temps ? " Surtout quand notre teint pâlichon trahit sans nul doute quinze jours de pluie à Gérardmer ...
Aux malotrus qui nous prennent de court avec leur " On peut peut-être se tutoyer ? ", qu'est-il permis de répondre vraiment ?
À la ville comme au village, Philippe Delerm écoute et regarde la comédie humaine, pour glaner toutes ces petites phrases faussement ordinaires, et révéler ce qu'elles cachent de perfidie ou d'hypocrisie.

Comme dans quelques autres ouvrages que j'ai lu précédemment, l'auteur nous propose des petites tranches de vie dans lesquelles tout le monde peut se reconnaitre. J'ai souvent coutume de dire "ça sent le vécu" lorsque je lis du Delerm. Et oui parce que l'auteur s'attache à des petits détails de tous les jours, des petits instants précieux qui font le quotidien de tout le monde. C'est en ça que j'aime tellement cet auteur !

Mais cette fois-ci, j'ai moins aimé ce que j'ai lu et je ne parviens pas exactement à comprendre pourquoi. Peut-être parce que cette fois, Philippe Delerm ne s'attarde pas sur des situations mais plutôt sur des expressions de la vie courante. Et ça me parle un peu moins. Déjà parce que je n'utilise pas certaines de ces expressions, mais aussi parce que ça ne me choque pas plus que ça que certaines personnes en fassent usage.

J'ai eu la sensation que l'auteur procédait dans cet ouvrage plus à une critique des personnes qu'il peut, peut-être, juger un peu moins cultivées, un peu plus "popu". Je me trompe peut-être (et à vrai dire je l'espère) mais c'est la sensation que j'ai ressenti et ça m'a mis un peu mal à l'aise pendant ma lecture. Je suis un peu déçue alors que la plume de Delerm est toujours aussi agréable et savoureuse.

Tant pis, ça ne peut pas marcher à chaque fois ...!