gang des reves

Il y a des livres qui me font peur, devant lesquels je me sens hyper timide. Le gang des rêves fait partie de ce genre de bouquin. Pourquoi ? Et bien non, contrairement à ce qu'in pourrait penser ce n'est pas à cause de son nombre de pages (presque 950 dans son format poche), non c'est tout simplement à cause de la masse de critiques élogieuses, de notes mirobolentes que ce bouquin a obtenu sur les différents sites que je fréquente. Je me suis demandée si j'allais être à la hauteur d'un tel chef d'oeuvre et surtout si le livre serait à la hauteur de mes attentes (qui se sont envolées je l'avoue). Et puis, j'ai rencontré l'auteur à Saint Maur cette année, il est tellement adorable que j'ai décidé de me lancer enfin ...!

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt... L'histoire commence, vertigineuse, tumultueuse.

Et du coup, j'avais raison de flipper un peu parce que si cette lecture m'aura vraiment beaucoup plu, ce ne sera pas un coup de coeur. J'avais peur que ça arrive et c'est arrivé ...! Alors attention, le livre est vraiment très bon et les histoires que nous raconte l'auteur sont passionnantes mais j'ai trouvé quelques longueurs qui ont un peu pesé sur ma lecture. C'est un détail mais c'est la raison pour laquelle je n'ai pas autant aimé que je ne l'aurai voulu.

Tout commence par l'histoire de Cetta et j'aurai aimé la suivre un peu plus, l'histoire se centre rapidement sur Christmas, son fils. On ne suit plus que Cetta de loin et j'ai beaucoup aimé le destin que l'auteur lui réserve. J'avais peur qu'il ne passe son temps à la maltraiter. Quelque part, le bouquin a un petit côté Zola que j'ai beaucoup aimé. Car oui, j'adore Zola et ma comparaison n'est donc absolument pas péjorative. L'auteur n'épargne rien à ses personnages, c'est un récit presque brut et parfois cruel.

A la base, je ne suis pas particulièrement attirée par la période de la Prohibition aux Etats-Unis et pourant là, la magie opère puisque je n'ai eu aucune difficulté à me plonger dans cette époque et surtout, à m'y plaire. J'ai été passionnée par tout le côté radiophonique que Luca Di Fulvio développe tout au long du récit. Et j'ai beaucoup aimé la façon dont Christmas tourne, j'avais peur pour lui aussi parce qu'il évolue tout de même à proximité de personnes peu recommandables.

Mention spéciale au personnage de Ruth que j'ai tout particulièrement aimé. C'est une jeune fille fragile qui connait un destin assez étonnant et inattendu. J'ai adoré la suivre et trembler, pleurer et rire en sa compagnie. Je n'en dirai pas beaucoup pour conserver un peu de mystère mais elle est pour moi un des personnages les plus forts et charismatiques de notre histoire.

La plume de Luca Di Fulvio est hyper fluide, il sait jouer avec la longueur des chapitres de façon à ce que le lecteur ne s'ennuie pas. Et à part les quelques longueurs que j'ai déjà évoqué plus haut, il n'y a rien à jeter dans ce livre ! C'est une vraie réussite que je ne peux que conseiller à tout le monde, que vous aimiez ou non l'époque à laquelle se déroule l'histoire, que les histoires familiales vous plaisent ou non ... Tentez le coup, je suis sûre que ça va vous plaire.

Cependant, gros bémol pour les scènes de sexe et surtout de viol dont on est abreuvé lorsque le Punisher entre en scène. Je n'en dirai pas beaucoup plus pour ne pas spoiler l'histoire mais l'industrie de la pornographie décrite dans cette partie du livre m'a limite dégoûtée. J'aurai préféré que l'auteur se contente de nous en parler, de nous expliquer les tenants et les aboutissants du bazar mais franchement, la description des films "réalistes" m'ont beaucoup perturbé et font que le livre ne sera pas estampillé coup de coeur parce que toutes ces demoiselles cuisses écartées ont été de trop pour moi.

J'ai maintenant hâte de découvrir les autres récits de cet auteur que je vais suivre de près désormais.