petite soeur

J'avais envie d'une lecture un peu différente de celles dont j'ai l'habitude. Je suis tombée sur le résumé de ce livre de Yves Viollier et je dois dire que j'ai été séduite. Séduite et intriguée. Ca m'a donné envie de découvrir ce qui se cachait derrière cette couverture mettant en scène cette petite fille dans sa robe blanche ... je remercie les Editions Presses de la Cité pour m'avoir confié un exemplaire de ce livre.

Jeanne se souvient. L'été 1960 s'achève, elle a sept ans. L'Assistance publique les a confiées, elle et ses deux demi-soeurs, à mademoiselle Eugénie qui vit avec ses parents au château des Marguerites. Jeanne a connu les coups et les brimades, avant. Ici, elle goûte, le coeur à peine apprivoisé, à une certaine insouciance : soigner les bêtes, déguster la bonne brioche chaude ...
Un jour, tous se pressent autour d'un bébé dans son berceau drapé de blanc. "Ta petite soeur", a murmuré Mademoiselle, les yeux brillants.
Jeanne, petite marguerite, voudrait juste qu'on l'aime, un peu, vraiment, beaucoup. Mais elle comprend qu'on ne lui dit pas tout ...

Alors, je ressors un peu mitigée de ma lecture. J'ai aimé oui, parce que c'est plaisant à lire, c'est rapide parce que le livre est court et bien écrit. La plume de l'auteur est agréable à découvrir. Mais je n'ai pas vraiment compris la finalité de ce livre. Je n'ai pas compris où l'auteur voulait nous emmener. C'est bête. Parce que ça partait bien, on fait la connaissance de Jeanne qui a une dizaine d'années et qui est placée chez une jeune femme avec ses soeurs. On sent bien que la vie sera plaisante en compagnie de Mademoiselle Eugénie mais que les petites filles ne seront jamais totalement intégrée dans cette famille. En même temps, elles ont encore leur mère ...

Et puis un jour, cette petite soeur dont il est question dans le titre débarque au château des Marguerites. Et c'est à partir de là que ça m'a un peu échappé. Je pense que l'auteur a voulu mettre l'accent sur la différence que les adultes peuvent faire entre les enfants, ça arrive malheureusement dans de nombreuses familles. Sans doute, Yves Viollier a-t-il souhaité expliquer à travers l'histoire de Jeanne qu'il est important pour les enfants d'obtenir des regards aimants et pleins de fierté de la part des adultes pour grandir et se construire.

L'histoire dans sa globalité m'a laissé un peu de marbre, je n'ai pas spécialement aimé la petite soeur (en même temps, elle devient comme on l'éduque). J'ai eu une aversion pour Mademoiselle Eugénie que j'aurai baffé du début à la fin. J'ai beaucoup aimé Jeanne enfant, un peu moins lorsqu'elle devient adulte parce que son parcours un peu chaotique ne m'a pas séduit. Mais ce que j'ai adoré, ce sont ces tranches de vie pleine de brioche toute chaude, de rires, de chants et d'insouciance. Parce qu'un enfant doit avoir une enfance placée sous le signe de l'insouciance.

Une lecture sympathique, une petite Jeanne qui ne laissera personne de glace ...