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Peut-être le savez vous mais sans doute ne le savez-vous pas mais je suis folle d'Italie. C'est sans doute le pays dans lequel je pourrai vivre sans même me poser de questions. Du coup, j'aime beaucoup me plonger dans des univers italiens et découvrir de nouveaux auteurs, de nouveaux personnages. Aussi, lorsque j'ai eu l'opportunité de découvrir ce roman de Giosuè Calaciura, je n'ai pas hésité ! Un grand merci aux Editions Noir sur Blanc qui ont mis un exemplaire de ce roman à me disposition via la plateforme Netgalley.

Mimmo et Cristofaro sont amis à la vie à la mort, camarades de classe et complices d’école buissonnière. Cristofaro qui, chaque soir, pleure la bière de son père. Mimmo qui aime Celeste, captive du balcon quand Carmela, sa mère, s’agenouille sur le lit pour prier la Vierge tandis que les hommes du quartier se plient au-dessus d’elle. Tous rêvent d’avoir pour père Totò le pickpocket, coureur insaisissable et héros du Borgo Vecchio, qui, s’il détrousse sans vergogne les dames du centre-ville, garde son pistolet dans sa chaussette pour résister plus aisément à la tentation de s’en servir. Un pistolet que Mimmo voudrait bien utiliser contre le père de Cristofaro, pour sauver son ami d’une mort certaine.
Il y a la mer, d’un côté du Borgo Vecchio, dont le vent apporte les parfums de viande chez ceux qui, de la viande, n’en mangent jamais. De l’autre, la plaine brûlante de la métropole, ses magasins, ses bourgeois, la loi et ses gardiens. Son marché aux balances truquées, ses venelles tortueuses et antiques, dans lesquelles n’ose pas s’aventurer la police.

Le récit se déroule dans un quartier un peu pauvre de Palerme. Ça tombe très bien puisque je vais aller visiter cette ville pour la première fois au mois d'octobre et je vais essayer de retrouver certains endroits décrits par l'auteur. J'adore faire ça ! Bref, tout ça pour dire que le Quartier semble être un personnage à part entière dans cette histoire. J'ai beaucoup aimé le personnage de Cistofaro que j'ai trouvé très attachant. L'auteur nous propose toute une galerie haute en couleurs de personnes complétement atypiques.

Il faut dire aussi que ce pauvre jeune homme n'a pas une vie toute rose et qu'il est difficile de ne rien ressentir pour lui. Ce récit m'a fait un peu pensé à L'amie prodigieuse par certains aspects : le côté communautaire du quartier, la pauvreté qui transpire à chaque ligne, l'aspect social de cette lecture pour résumer ... C'est une lecture difficile par moments mais le lecteur est happé et n'a qu'une seule envie : arriver au dénouement de tout ça ! Cependant, le récit manque un peu de dialogues pour moi, j'aime les textes peut-être plus longs du coup mais aérés. Je trouve que les dialogues donnent de l'énergie au texte et là, j'ai ressenti quelques longueurs qui poussent le lecteur a faire des pauses, pour mieux revenir ceci dit.

Mention toute particulière pour la fin ... Mais quelle fin tragique ! Je ne m'attendais pas à ça et je dois dire que les dernières pages ont été assez éprouvantes. Mine de rien, on s'attache vraiment à certains personnages (et pas que Cristofaro) et, même si on imagine facilement le destin de certains d'entre eux, le lecteur est bien secoué lorsque le destin s'accomplit.

Un récit lumineux et difficile, une plongée dans un quartier populaire sicilien ...