vox

Quand un livre fait trop parler de lui à sa parution, je deviens méfiante à son égard. J'ai peur que la folie ambiante n'influence mon avis et je préfère rester impartiale alors j'attends que le soufflé retombe. C'est ce qui s'est passé avec ce livre de Christina Dalcher, il a fait sensation quand il est sorti. Tout le monde en parlait en des termes hyper élogieux alors je m'en suis détournée. Maintenant que tout s'est calmé autour de ce livre, je l'ai emprunté à la médiathèque.

Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix …

Pour une fois qu'on est en présence d'une dystopie en un seul tome, il est important de le souligner. C'est la preuve que lorsqu'on veut, on peut raconter une histoire bien foutue sans s'étaler sur de nombreux tomes. Alors oui, c'est bien fichu mais j'ai trouvé que ça s'essoufflait un peu quand même. On débute cette histoire, qui se déroule aux Etats-Unis, alors que le pays a connu une sorte de révolution (un peu dans le goût de La servante écarlate quand on y pense bien) et que les femmes sont réduites au silence.

C'est quand même toujours sur les femmes que les auteurs tapent ! J'aimerai bien un jour pouvoir lire une histoire dans laquelle ce sont les hommes qui trinquent un peu (ça doit sans doute exister déjà mais je ne les connais pas). Bref ... Jean, notre héroïne, porte donc un compte-mots à son poignet. Elle n'a le droit de prononcer qu'une centaine de mots par jour. Si elle dépasse ce quota, elle reçoit une décharge électrique ... charmant ! C'est d'autant plus dommage qu'elle ne puisse plus parler que c'est une scientifique brillante et renommée. Un jour, un évenement va changer le cours de son existence devenue bien terne.

Ce livre frappera sans doute plus les lectrices que les lecteurs car il est impossible de ne pas se mettre à la place de Jean et de sa petite fille. J'ai aimé la première partie du livre dans laquelle on découvre la nouvelle société et la ribambelle d'horreurs qui l'accompagne. C'est super bien pensé de la part de l'auteure, ça fait presque froid dans le dos. La seconde partie, plus scientifique, m'a moins emballée parce que j'ai eu la sensation de tourner en rond. C'est assez répétitif. Mention un peu bof pour la fin qui est bien trop bisounours au regard du contenu du roman.

C'est une critique de la société moderne puisque le groupe qui a pris le contrôle des Etats-Unis la nie en bloc en instaurant de nouvelles règles de vie et de gouvernement. J'y ai vu aussi une sorte d'hommage aux femmes puisque, même si elles subissent des trucs pas chouettes au fil des pages, elles sont mises en valeur tout du long car l'auteure s'applique à montrer leurs qualités. C'est bien écrit, ça se lit relativement vite mais je ne peux pas m'empêcher de ressentir une pointe de déception à cause de tous les avis extrêmement bons que j'avais vu passer lors de sa parution.

Une lecture qui amène à réflechir sur la position de la femme au sein des sociétés ...