menteuse et la ville

Cette couverture rose n'est-elle pas à croquer ? C'est elle qui m'a donné envie de découvrir ce qui se cachait derrière ce cornet de glace renversé. Le résumé m'a bien tenté alors je suis très contente d'avoir pu découvrir ce livre d'une auteure israëlienne que je ne connaissais absolument pas. Je présente mes excuses aux Editions Presses de la Cité pour avoir tellement traîné à rendre mon billet, je me suis mal organisé ces derniers temps et je n'arrive pas à publier régulièrement alors que les bouquins sont lus ...

Nymphea porte un nom de fleur mais sa vie est loin d’être rose. À dix-sept ans, elle traîne ses complexes, ses quelques kilos en trop et son acné juvénile et peine à trouver sa place dans la société. L’été où elle devient vendeuse chez un marchand de glaces, elle espère que la vie fera enfin d’elle la protagoniste d’une aventure. Mais rien ne se passe… Jusqu’au jour où Avishaï Milner, chanteur à midinettes sur le retour, franchit le seuil de l’échoppe. Pressé et méprisant, il agresse verbalement Nymphea. La jeune fille se réfugie dans l’arrière-cour, où le play-boy déchu la poursuit. L’homme la saisit par le bras, elle hurle : toute la ville est déjà là. En quelques secondes, Nymphéa a réécrit l’histoire. Et voilà qu’Avishaï se retrouve en garde à vue pour tentative de viol sur mineure. Quant à Nymphea, elle est propulsée au rang d’icône, la Cendrillon en croisade contre les violences masculines. Pendant ce temps, à l’autre bout de la grande métropole, une vieille dame se trouve, elle aussi, entraînée dans un mensonge dont elle n’a pas mesuré les retombées : Raymonde, vieille juive issue de l’immigration marocaine en Israël, prend l’identité de Rivka, sa meilleure amie, survivante des camps… Fidèle au thème qu’elle ne cesse de sonder livre après livre – le mensonge et la façon dont il referme ses griffes sur des individus dépourvus de mauvaises intentions ...

Il donne envie ce résumé non ? Il a vraiment attisé ma curiosité et je me suis jetée dans ma lecture. Je dois dire que mon enthousiasme a été un peu douché parce que, rapidement, j'ai trouvé que le récit trainait en longueur. J'ai parfois un peu peiné à avancer ... Il faut dire que j'ai eu un peu de mal avec Nymphea. Si elle a un prénom que je trouve très joli, j'ai eu du mal à la suivre. Elle n'a pas réussi à me plaire parce que je crois que je ne l'ai pas comprise. Elle a des réactions et des comportements qui me sont restés étrangers. Sans doute est-elle un peu trop tordue pour moi. Le postulat de départ m'a plu, j'ai pu comprendre sa réaction mais ensuite, son entêtement m'a été incompréhensible. Je n'ai pas non plus aimé Leo, sorte de maître chanteur adolescent qui cherche à se faire apprécier de ses copains de lycée. Je suis passée à côté de ces deux personnages.

En revanche, j'ai beaucoup apprécié Raymonde. Même si elle tarde à débarquer dans l'histoire, elle m'a bien éclaté. Et sa confrontation avec Nymphea est sans doute le moment le plus jubilatoire du récit. Deux menteuses qui se confrontent, c'est un régal. Car ce livre nous explique en fait que mentir a toujours des conséquences ... Ayelet Gundar-Goshen a un oeil très acerbe sur le sujet, elle n'hésite pas à mettre ses personnages à rude épreuve, je me suis demandé parfois comment elles allaient se sortir de certaines situations.

C'est bien écrit, ça se lit facilement. A part les quelques longueurs qui m'ont un peu gêné, j'ai quand même lu mon livre assez rapidement. Sans doute que j'aurai pu aller encore plus vite mais l'ouvrage ne m'a pas tenu suffisamment en haleine pour ça. J'ai, en revanche, beaucoup aimé découvrir une histoire se déroulant dans un pays et un univers que je ne connais pas du tout.

Une découverte sympathique mais qui ne m'a pas plus transporté que ça ...