Le-Mobius-Paris-Venise

Ça faisait très longtemps que je n'avais pas lu du roman purement fantastique et je dois dire que ça me manquait un peu. Du coup, lorsque j'ai eu l'occasion de postuler pour ce livre via une Masse Critique Babelio, je n'ai pas hésité pour poser ma candidature. Je suis très contente d'avoir été sélectionnée et je remercie les Editions Nestiveqnen pour cet envoi que j'ai trouvé dans ma boite aux lettres à mon retour de Palerme.

À Paris, alors qu'il enquête autour de l'atelier de Rodin, Alex découvre à ses dépens que La Porte de l'Enfer est bien un "portail", puisqu'en la franchissant, il se retrouve à Venise.
Mais cette cité vénitienne est subtilement différente de celle qu'il connaît. Plus étrange encore, la population et les habituels touristes ont tendance à déserter la ville ou plutôt à disparaître. À son insu, Alex vient de pénétrer dans une boucle de Möbius ...

Je voulais lire du fantastique, je dois dire que sur ce plan là je n'ai pas été déçue ! C'était peut-être un peu trop pour moi finalement. Notre personnage principal Alex Lex se retrouve embarqué dans une boucle de Möbius. Mais si vous connaissez, pour visualiser ce genre de boucle, imaginez que vous avez une bande de papier, vous lui faites subir une torsion d'un demi-tour puis vous collez les deux extrémités, créant un ruban sans fin n’ayant ni intérieur ni extérieur. Un bel exemple de Möbius orne d'ailleurs la couverture du livre.

Mais du coup, notre Alex (qui se trouve être l'assistant de Gaston Leroux, rien que ça !) se retrouve à arpenter les rues de plein de Paris et de Venise différentes ... Venise 1, Venise 2, Paris 1 etc ... si bien que j'ai fini par me perdre dans ce dédale de villes parallèles et que finalement, je n'ai plus eu beaucoup de plaisir dans cette lecture. Quand vous perdez le fil, c'est difficile de conserver un semblant de concentration ... Réellement, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris dans ce récit. La notion de surréalisation est omniprésente et je crois que j'ai rien compris à ce truc, je serai d'ailleurs bien en peine de vous l'expliquer tout de suite là maintenant si vous veniez à m'interroger dessus ! C'est un peu embêtant ...

Pourtant, les différentes versions de Paris et de Venise qui sont proposées ici sont très intéressantes, hyper bien travaillées. Par exemple, j'ai beaucoup aimé la version de Paris (je ne me souviens plus de son numéro) qui se retrouve sous un gouvernement Jacobin. Je trouve ça tellement bien vu de la part de l'auteur de jouer et d'utiliser l'Histoire de France ! Ça m'a beaucoup emballé ! De même que j'ai bien aimé retrouver tout un tas de "têtes connues" telles que Sade, Lord Byron, Rimbaud ou Lautréamont. Je n'en cite que quelques uns mais on en trouve beaucoup tout au long du récit.

Je n'ai pas vraiment apprécié le style de l'auteur, je l'ai trouvé trop compliqué, trop alambiqué. J'ai perdu le plaisir de découvrir ce texte (déjà que je ne comprenais pas tout, ça n'a pas aidé). Et encore, le style utilisé dans Le Möbius Paris Venise reste soutenu et travaillé, ce qui n'est pas le cas des nouvelles qui suivent le récit principal de ce livre. Möbius, c'est environ les trois quarts du bouquin et le reste ... très honnêtement ne vaut pas le détour.

Une lecture en demie-teinte qui plaira sans doute aux lecteurs déjà familiers avec les récits fantastiques ...