ce que tu as fait de moi

J'ai une relation ambigüe avec Karine Giebel ... autant j'aime bien ce qu'elle écrit, autant je n'aime pas beaucoup la personne après une rencontre dans un salon du livre qui ne s'est pas très bien passée. Mais ça ne m'empêche pas de rester curieuse quant à ses romans parce qu'elle a souvent des idées un poil glauques et qui me plaisent bien. Un grand merci aux Editions Belfond pour m'avoir envoyé ce livre et j'en profite pour m'excuser pour avoir tardé à rendre mon billet (merci les Fêtes !)

Cette nuit, c’est le patron des Stups, le commandant Richard Ménainville, qui doit confesser son addiction et répondre de ses actes dans une salle d’interrogatoire. Que s’est-il réellement passé entre lui et son lieutenant Laëtitia Graminsky ? Comment un coup de foudre a-t-il pu déclencher une telle tragédie ? Interrogée au même moment dans la salle voisine, Laëtitia se livre. Elle dira tout de ce qu’elle a vécu avec cet homme. Leurs versions des faits seront-elles identiques ?

J'ai eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire que j'ai trouvé bien différente de celles auxquelles l'auteure nous a habitué. C'est moins enlevé, limite je me suis embêtée à certains moments ... j'ai trouvé que le récit trainait un peu en longueur, comme si Karine Giebel voulait meubler un peu, remplir des pages pour nous proposer un nouveau pavé. J'ai fini par me plaire dans ce livre et je pense que c'est dû au fait de l'alternance des points de vue et des récits. Un chapitre comporte le témoignage de Laëtitia, l'autre fait référence à celui de Richard. Ca rend la lecture plus agréable.

Le souci principal pour moi, ce sont les personnages. Je ne les ai pas du tout apprécié. Tout au long du récit, leurs comportements sont hyper ambigüs et je n'ai finalement pas compris quels sentiments les unissent. Un coup je t'aime, un coup je ne t'aime pas de la part de Laëtitia. Richard, lui, semble constant dans son amour pour la jeune femme mais je n'ai rien compris à la fixette qu'il fait sur elle. Et puis, c'est quand même bien malsain comme histoire. J'ai parfois eu l'impression que l'auteure voulait dénoncer le comportement des hommes qui abusent des femmes mais qu'en parallèle elle enfonce Laëtitia en lui faisant porter des jupes courtes et se pavaner sous le nez de son supérieur.

Bref, j'ai eu des sentiments assez ambigüs tout au long de ma lecture et quelque part, je crois que ça m'a un peu dérangé. Reste le style de l'auteure, ses phrases courtes et choc ... Je n'ai pas aimé la fin. Je l'ai trouvée un peu clichée, je m'attendais à autre chose et j'ai été un peu déçue de la tournure des événements. J'aurai aimé un truc un peu plus rock n'roll.

Pas mauvais mais sans doute, le Karine Giebel qui m'aura le moins convaincue jusqu'à présent ... dommage.