mon père

Ce livre a fait beaucoup parler de lui lors de sa parution mais, compte tenu de son sujet difficile et qui peut rapidement déraper, je n'ai pas eu envie de le découvrir tout de suite. Je souhaitais attendre que les premiers avis tombent et que le remous autour de lui se calme. Lorsqu'on entend trop parler d'un livre, j'ai tendance à mettre la barre très haut et je me retrouve déçue la plupart du temps. Je ne voulais pas que ça arrive avec ce livre, alors j'ai attendu.

Mon Père c’est, d’une certaine manière, l’éternelle histoire du père et du fils et donc du bien et du mal. Souvenons-nous d’Abraham.
Je voulais depuis longtemps écrire le mal qu’on fait à un enfant, qui oblige le père à s’interroger sur sa propre éducation. Ainsi, lorsque Édouard découvre celui qui a violenté son fils et le retrouve, a-t-il le droit de franchir les frontières de cette justice qui fait peu de cas des enfants fracassés ? Et quand on sait que le violenteur est un prêtre et que nous sommes dans la tourmente de ces effroyables affaires, dans le silence coupable de l’Église, peut-on continuer de se taire ? Pardonner à un coupable peut-il réparer sa victime ?

Je suis assez partagée sur cette lecture, pourtant je n'ai pas au aucune influence puisque plus personne n'en parle aujourd'hui. Mais je crois que j'ai eu un souci avec le style de l'auteur bien plus qu'avec le fond de l'histoire. Parce qu'il est difficile de ne pas être hâpée par l'histoire de ce jeune garçon (dont j'ai mangé le prénom, j'aurai dû faire ma chronique dans la foulée mais j'étais en vacances en Allemagne), parce que le désir de vengeance du papa de ce garçon est totalement compréhensible ... Mais alors je n'ai pas aimé la façon dont Grégoire Delacourt aborde le sujet.

Le parallèle avec le sacrifice d'Abraham qui apparait à toutes les pages (même dans le résumé !) a fini par me sortir par les yeux ! Pas la peine d'insister, on comprend. Je ne pense pas que les lecteurs soient des abrutis finis et ça ne sert à rien de marteler la même idée à tout bout de champ. Peut-être que c'était pour qu'on comprenne bien que le livre va aussi nous parler un peu de religion et des religieux à qui certains confient leurs enfants pour le catéchisme ou pour des colonies de vacances. Personnellement, ça m'a vite gonflé cette histoire d'Abraham et j'ai levé les yeux au ciel à tout bout de champ. Le style de l'auteur est aussi assez pompeux, les phrases sont parfois compliquées.

Autant, j'ai adoré l'histoire qui m'a bien fait froid dans le dos, autant je l'ai trouvée pénible à lire et ce, non pas à cause des horreurs subies par le jeune garçon (enfin si un peu aussi quand même) mais plutôt à cause du choix stylistique de Grégoire Delacourt. Heureusement que le bouquin n'est pas plus épais parce que je pense que j'aurai pu complétement passer à côté. En plus des références bibliques en masse, il parvient à rendre le père du garçon antipathique. Je n'ai rien éprouvé pour lui, même si j'étais révoltée au fond de moi. Bizarre ...

Reste que la fin du livre m'a surpris et ça c'est une bonne chose parce que je suis sortie du récit sur une bonne impression. Je reste tout de même assez mitigée quant à ce roman, il propose une réflexion importante mais il est assez désagréable à lire. Je ne saurai pas le conseiller, peut-être qu'il faut plus de culture religieuse que je n'en ai pour apprécier ...

Une lecture en demie-teinte malgré le sujet fort proposé par l'auteur.