resilience

Je suis un mouton. Oui. J'ai tellement entendu parler de ce livre que je n'avais qu'une envie : celle de me jeter dessus. Une petite commande (bah oui, impossible de mettre la main sur le livre en librairie ou grande surface culturelle) et quelques jours plus tard, le livre était mien. Si vous l'achetez, vous soutenez une association de lutte contre l'homophobie, Le Refuge. Ce livre, c'est environ 150 pages d'émotion pure ...

Pour ses dix-neuf ans, Vincent s’est offert un parricide. Il a tué son bourreau. Mais peut-on vraiment se libérer de l’emprise du Mal ? Peut-on se reconstruire après avoir subi le pire ? Incarcéré, Vincent doit affronter ses démons, apprendre à se connaître et s’accepter … pour atteindre la délivrance, sa résilience.

J'avoue que, même si j'avais une envie folle de découvrir ce bouquin, j'avais quand même un peu la trouille car j'ai eu une mauvaise expérience avec la plume de l'auteure il y a de nombreux mois. Je n'avais pas aimé le premier tome de sa série "Angela" alors je craignais un peu de me retrouver dans la même situation. Fort heureusement, ça n'a pas été le cas!

Parce que ce livre aura été une bonne petite baffe dans ma tête. Alors, je n'ai pas eu l'énorme coup de coeur que certaines personnes ont eu en sortant de leur lecture. Non, pas de coup de coeur pour moi mais une lecture qui restera parmi les meilleures de cette année écoulée. Le livre est assez fin, environ 150 pages il me semble, mais rien n'est épargné au lecteur.

On fait la connaissance de Vincent qui est un jeune homme que la vie n'a pas épargné. Dès les premières pages, on le retrouve alors qu'il a tué son père mais on n'en sait pas beaucoup plus sur lui et sa vie passée. J'ai eu un peu de mal à éprouver de l'empathie pour lui au début et puis ensuite, au fil des pages, je me suis surprise à ressentir un attachement dingue à ce personnage. Je sentais bien que tout ça ne finirait pas avec une super happy end et je tremblais presque à chaque page tournée.

Mais celui qui aura eu le plus d'impact sur mon petit coeur, c'est Yassir. Lui, c'est le codétenu de Vincent. C'est un personnage tout en nuance, en fragilité mais tellement fort à la fois. Je l'ai adoré et j'ai trouvé que grâce à lui, le roman sort de temps en temps du coté tellement sombre dans lequel il embarque son lecteur. Grâce à Yassir, notre héros semble s'apaiser un peu. Il lui apprend à ressentir de la compassion et de l'amour pour son prochain. C'est d'ailleurs en compagnie de Yassir que l'auteure nous "offre" un des passages les plus poignants et déchirants du livre. Je me suis alors demandé jusqu'où on allait aller ...

Car oui, ce livre est extrêmement noir. On se demande jusqu'où Julia va nous emmener dans la déchéance humaine. Elle nous propose de mieux comprendre le mécanisme de la victime qui devient bourreau et de la spirale infernale de la maltraitance. J'ai eu les poils hérissés à certains passages, je ne comprends pas comment l'homme peut descendre aussi bas. Bien entendu, nous sommes ici en présence d'une fiction mais je me dis que la réalité de certains ne doit pas être bien plus rose parfois.

J'ai été chamboulée par ma lecture, ce livre m'a fait réfléchir et je dois dire que Vincent et Yassir m'ont pas mal hanté après ma lecture. Ce livre doit être lu, c'est un petit bijou et je ne peux que vous conseiller de vous l'offrir. Mais attendez d'être dans de bonnes conditions pour vous lancer car on n'en ressort pas intact ...

Merci Julia pour ce beau moment de littérature ...

Lu dans le cadre du Challenge des 100 romans ...

(152/100)

100romans