tchernobyl

J'étais encore petite lorsque la catastrophe de Tchernobyl s'est déroulée et pourtant, je me souviens assez bien de ce que j'avais entendu à la radio mais étrangement, pas tellement des images à la télévision. Peut-être qu'il n'y en avait pas eu beaucoup à l'époque, l'URSS n'étant pas un pays qui communiquait beaucoup. Toujours est-il que j'ai sans doute été bien marqué par cet événement, je lis tout ce qui me tombe sous la main concernant cette catastrophe nucléaire. Du coup, je n'ai pas hésité longtemps à postuler pour recevoir Traverser Tchernobyl de Galia Ackerman. Je remercie Babelio et surtout les Editions Premier Parallèle pour cet envoi.

Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl explosait. Sur une catastrophe dont on croit avoir épuisé les récits, des secrets peuvent encore être mis au jour. Voici vingt ans que Galia Ackerman fréquente ceux qui sont la mémoire de Tchernobyl. Scientifiques, artistes, écrivains, ethnographes, et tout ceux qui sont restés, malgré l'interdiction. Quelle vie après la catastrophe ? Traverser Tchernobyl compose un tableau unique et intime du désastre et de ses conséquences. Mais aussi, en creux, de l'ex-URSS et de ce qu'elle est devenue. Loin des images d'Epinal, l'auteur nous emmène dans des lieux inattendus : la plage ensoleillée du bord de la rivière Pripiat, les forêts habitées par une faune sauvage, le cimetière juif abandonné, les alentours du plus grand radar de détection de missiles intercontinentaux de toute l'URSS, les décharges nucléaires... Elle raconte le vieil homme heureux de sa pêche radioactive, les orphelins irradiés, les vrais et les faux héros de Tchernobyl. Un voyage sur une terre fantomatique. Dans le monde d'après.

Pfiout ! Quelle lecture ! Une baffe, un voyage fascinant dans une des zones les plus contaminées du monde. J'avais déjà lu un bouquin regroupant des témoignages de victimes qui m'avait bien secoué mais là, c'est encore plus fort. En effet, c'est l'auteure elle-même qui nous livre son témoignage, il n'y a pas de filtre et j'ai parfois eu les poils de la nuque dressés. Je trouve qu'il est important que des personnes comme Galia Ackerman osent revenir dans ces contrées pour raconter, pour permettre aux gens qui vivent loin de ce pays de ne pas oublier.

J'ai été surprise d'apprendre que les habitants vivent toujours sur place, plus ou moins clandestinement ceci dit. J'ai été touchée par les témoignages de certains, je n'ai même pas osé me mettre à la place des habitants qui ont vécu cette tragédie. J'ai même eu la sensation que nous, spectateurs extérieurs de tout ça, vivions bien plus mal cette horreur que les habitants eux-mêmes qui sont plutôt philosophes.

Lorsque j'ai reçu le livre, j'ai été impressionée par la couverture (oui, je sais, c'est bête). Je la trouve qu'elle représente parfaitement le thème du livre, elle est vraiment bien choisie et je l'aime beaucoup. C'est futile, j'en suis consciente mais je tenais à faire remarquer le travail éditorial. Autre mention spéciale, j'ai apprécié le fait d'avoir une chronologie de la catastrophe en fin de livre. Ca permet de bien se remettre les événements en tête.

Je suis vraiment contente d'avoir pu découvrir ce bouquin, je vous le conseille si comme moi vous avez été sensible à la tragédie qu'a été Tchernobyl.

Lu dans le cadre du Challenge des 100 romans ...

(54/100)

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